Retour aux sources pour
le « Bronzino » de Besançon

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Chef-d’œuvre des collections des musées bisontins, la Déploration sur le Christ mort de Bronzino est l’une des trois œuvres majeures d’une exposition sur le Maniérisme, à découvrir à Florence jusqu’au 21 janvier.

Le directeur des Musées de Besançon, Nicolas Surlapierre, est nerveux. On le serait à moins : devant lui, les techniciens du Palais Strozzi déballent avec toute la délicatesse due à son rang « la Déploration sur le Christ mort » de Bronzino. « Ce tableau n’a jamais quitté la France depuis son arrivée en 1545, car son format et son fragile support lui interdisent des déplacements trop fréquents », explique-il.

Offert par le duc Cosme 1er de Médicis à Nicolas Perrenot de Granvelle, garde des sceaux de Charles Quint, en remerciement de son action diplomatique, ce chef-d’œuvre du XVIe siècle a vu le jour à Florence avant d’arriver à Besançon. Là, il reste accroché plus de trois cents ans dans la chapelle des Carmes, puis au musée des Beaux-arts et d’Archéologie. « Il n’a été prêté qu’à quatre reprises, précise le directeur des musées bisontins. Au palais de Justice en 1831, et à Paris en 1935, 1957 et 1965. »


Cadeau extraordinaire en provenance d’Italie, l’œuvre est un témoignage inestimable de la position privilégiée qu’occupait la famille des Granvelle en Europe pendant la Renaissance. « Quand le maire de Florence m’a demandé de prêter le Bronzino pour qu’il soit l’œuvre majeure d’une grande exposition, j’ai dit oui tout de suite, confie Jean-Louis Fousseret. C’est une fierté et un honneur, une reconnaissance pour notre ville d’être exposé ici ».

Alors en septembre 2017, après 472 ans d’absence, « La Déploration sur le Christ mort » entame un périlleux voyage qui le ramène dans sa Florence natale. L’œuvre du peintre officiel de la dynastie des Médicis, Bronzino, rejoint une exposition « colossale », « magistrale » et « ambitieuse », pour reprendre les termes de ses commissaires, intitulée « Le Cinquecento à Florence (le XVe siècle) « manière moderne » et contre-réforme. De Michel-Ange à Pontormo et Giambologna ».

C’est un événement rarissime. Dernier acte d’une trilogie commencée en 2010 sur le Maniérisme, cette exposition rassemble jusqu’au 21 janvier au palais Strozzi et pour la toute première fois côte-à-côte des chefs-d’œuvre de Michel-Ange, Rosso Fiorentino, Giorgio Vasari, Giambologna et Bronzino. « Sont réunis ici 41 artistes et plus de 70 tableaux et sculptures, qui nous montre le climat de l’époque, une saison sans pareil dans l’histoire de l’art », reprend Nicolas Surlapierre. L’élégance, la délicatesse, la richesse de la palette mais aussi des compositions bizarres et des corps représentés dans des positions pas naturelles se dévoilent, salle après salle.

On y découvre ainsi, dans une incroyable succession la célèbre Pietà de Luco d’Andrea del Sarto, le Dieu fleuve de Michel-Ange, le portrait du nain Barbino de Valerio Cioli ou encore la sublime Déposition de Pontormo, dont on peut admirer les irréelles couleurs pastel après une récente restauration… « C’est notre héritage, lance le directeur général de la fondation Palazzo Strozzi, Arturo Galansino, et cette exposition, extraordinaire occasion de valorisation du patrimoine artistique, a permis la restauration de six œuvres ».

Après un soin infini et un voyage opéré dans des conditions drastiques, l’œuvre estimée à 60 millions d’euros sort enfin de son caisson climatisé, avant d’être accrochée aux murs du palais Strozzi. Nicolas Surlapierre respire.

La participation à cet événement confirme la place des collections bisontines au plus haut rang mondial. Les deux premiers actes de cette trilogie avaient réuni près de 300 000 visiteurs et assis la réputation du Palazzo Strozzi dans le monde entier. Nombreux seront ceux qui se déplaceront à nouveau pour cette nouvelle exposition qui évoquent des artistes qui furent des références absolues. Et pour admirer l’œuvre de Bronzino, chef-d’œuvre des collections bisontines, l’une des trois pièces majeures d’une exposition ambitieuse et exigeante.

A découvrir jusqu’au 21 janvier au Palazzo Strozzi, à Florence.