Détonation 2017 : bang bang !

©Nicomiot©Jean-Charles Sexe©Nicomiot©Jean-Charles Sexe©Nicomiot©Jean-Charles Sexe©Nicomiot©Jean-Charles Sexe©Nicomiot©Jean-Charles Sexe©Nicomiot©Jean-Charles Sexe

Jeudi

A retenir : Amadou & Mariam / Acid Arab / Juno Reactor

Jeudi, 19h, c’est parti pour une nouvelle édition du festival Détonation. Sur la scène Vladikistan, les locaux de l’étape, Green Shop, chauffent les premiers festivaliers. Ça groove sur cette petite scène installée au cœur d’un site, qui petit à petit pendant trois jours s’affirmera comme un lieu indispensable et magistral. Une heure plus tard, place à Amadou & Mariam. C’est la 4e fois qu’ils se produisent à Besançon, et la foule, familiale et bigarrée qui se presse pour les applaudir montre bien un engouement réciproque. Clic, la connexion se fait. Le « couple aveugle du Mali » est généreux, envoutant. Mais pas le temps de (trop) se poser : nous sommes en festival, treize groupes sont programmés ce jeudi-soir, il est temps de changer de style, de scène, d’ambiance. A peine terminé, le hip hop de Baloji laisse la place à l’électro swing de SMokey Joe & the Kid, puis à la trance nucléaire aux influences tribales de Juno Reactor, soundsystem hypnotisant les foules depuis le début des années 90. Si, souvenez-vous, le groupe avait signé plusieurs titres des bandes originales de Matrix. Mais il est déjà minuit, juste le temps de faire un petit coucou au spiritueux Tonton, de prendre une pizza chez Delicatessen, qu’Acid Arab nous attend sur scène. House orientale bienvenue, parfaite bande-son d’une première soirée dépaysante. Bien joué Déto. Trois heures du mat’, au lit.

Vendredi

A retenir : Dope DOD / The Blaze

Il fait beau. Profitons-en, parait que ça ne va pas durer. La soirée d’hier n’était qu’un avant-goût. Quinze groupes aujourd’hui, en commençant par Mr Vinz et Dj One pour finir par de la « dark techno » jusqu’à 3h30. Nous voilà prévenus. En plein milieu, l’interview attendue et un peu redoutée de Dope D.O.D et son hip hop, hmmm, comment dire, franc du collier ? Flow agressif et venimeux, esthétique gore, paroles hardcore, les néerlandais ne font pas dans la dentelle… Nous voilà prévenus. Fébrilité dans les loges. Et puis la rencontre, enfin, avec des garçons charmants (mais un peu barrés !), à découvrir là :


Minuit, ils montent sur scène, « envoient direct du lourd », comme l’explique si bien notre photographe, devant un public hardcore conquis. La grosse, grosse claque de la soirée. Mais rendons également hommage à l’abstract électro de Dudy, les bouffées poétiques de The Blaze et la tenue du futur de Gnucci, le tout bercé par le dub d’Uzul Prod, que les plus de vingt ans ont sûrement croisé au Cylindre à l’époque où certains de ses membres tournaient avec Kaly Live Dub. Il est 4h, ça pique un peu.

Samedi

Supersuckers / Vitalic / Her

Dix-neuf heures, les Bisontins d’Anosmiac et leur post-rock expérimental et complexe donnent l’envoi d’une soirée beaucoup plus rock. Dix-sept groupes, ce soir. On ne les verra malheureusement pas tous. Après deux jours plutôt électro, voir des techniciens installer amplis, basses, batteries et guitares intrigue un peu, rassure et soulage les rockers. En effet, il y a un peu plus de tee-shirt noirs et de cuirs, ce soir. Massés devant Supersuckers, d’ailleurs, power trio qui envoie un punk-rock métal hybride, au croisement de ZZ Top et de Mötörhead. Les oreilles bourdonnent un peu, mouvement de foule à travers la pluie annoncée. Un petite halte bienvenue au village le temps de se restaurer, un salut amical à Pedro dans son tipi, et direction la scène Citadelle. Il est l’heure de revoir Last Train, pas revus depuis leur prestation à la première édition de Circassismic. Entre temps, les kids ont fait quelque 250 concerts dans le monde entier, ils reviennent du Japon, ont joué avec Muse, Placebo, excusez du peu, et Johnny, notre Jojo national, les a invités à se produire avant lui sur la scène de Bercy. Et bien la valeur n’attend vraiment pas le nombre des années ! La claque, car tout est bon, le son, l’attitude et les compos. Bravo.

Un peu plus tard, même scène, différente ambiance. Her nous offre un moment fragile et intime. Petite parenthèse appréciée. Car bientôt Vitalic prend les dernières forces des festivaliers. Mais donne en échange de l’énergie, beaucoup d’énergie ! Quelques heures plus tard, clap de fin. Il est 3h30, encore. Détonation 2017, c’est fini. Encore bravo et merci pour une programmation pointue, familiale, énervée, poétique, pop, rock, simple, électrique, complexe et électronique. Plus qu’une succession de groupes, de nouveautés et de valeurs sûres, Détonation est un état d’esprit. A l’année prochaine. Il fait jour depuis longtemps, il faut rentrer…