Patrice Forsans, retour sur image

©Jean-Charles Sexe©Jean-Charles Sexe©Jean-Charles Sexe©Jean-Charles Sexe©Jean-Charles Sexe©Jean-Charles Sexe
Il y a un an, l’équipe de Plus rencontrait Patrice Forsans dans le cadre de la création de son Studio photo « Le Marulaz » valorisant le travail des ambrotypes, vrai retour à la photographie objet, conservée sur une plaque en verre, d’après un procédé vieux de 150 ans. De l’argentique au numérique… et au collodion humide, alors que le studio ouvre ses portes au 1er Décembre, retour sur cette rencontre : 

« J’avais envie de revenir à l’essence même de ce qu’était l’image. Un objet que l’on peut se transmettre, comme une peinture, et qui se conserve deux siècles… contre 8 ans pour un fichier numérique. »

Patrice Forsans résume ainsi son projet, un laboratoire avec une chambre photographique, en soit déjà un objet d’émerveillement en bois patiné, qui affiche un siècle au compteur.  Photographe pour le service de presse des Pompiers de Paris puis à la tête d’un studio photo à Granvelle en 2003, où il s’illustre longtemps dans la création en noir et blanc, Patrice s’investit désormais aussi dans le bar-librairie Marulaz.

UN LABEL, UNE SIGNATURE

« Le bar peut être le moteur pour d’autres activités. Ainsi, j’espère créer avec le studio Marulaz, un label, une signature, à l’image du célèbre studio Harcourt à Paris », enchaîne-t-il.

L’idée : venir au studio Marulaz pour se faire photographier et repartir avec une image comme gravée dans le verre, de couleur argentée, un peu sépia, une pièce unique d’une netteté dix fois supérieure au numérique. Ou bien encore apprendre ce procédé ancien avec Patrice grâce aux stages d’une journée proposés à ses côtés.

«  Une façon de créer où l’on réapprend à attendre une image. A terme, le public viendrait au studio Marulaz pour cette technique, l’ambrotype, pas pour le photographe. »

Vraiment comme au studio Harcourt !

 L’ambrotype, c’est quoi ?

Il s’agit de réaliser des positifs sur verre, une technique qui se pratique sans tirage. A l’époque de sa création en 1851  par l’anglais Frederick Scott Archer, c’est le procédé le plus rapide pour repartir avec un portrait.

Le principe :

On coule sur une surface sensible, une plaque en verre en l’occurrence, du collodion (du nitrate de cellulose dissous dans un mélange d’alcool et d’éther). Etalé sur l’ensemble de la plaque, le collodion se fige en 5 minutes, nécessitant d’agir très rapidement.

La plaque est alors plongée dans un bain au nitrate d’argent pour la sensibiliser. Elle est ensuite insérée dans un châssis étanche à la lumière, durant une heure.

Le châssis est glissé dans la chambre photographique, avec laquelle on réalise la prise de vue. La plaque est ensuite immédiatement développée en chambre éclairée en lumière rouge clair, qui permet de voir apparaître comme en surimpression, le sujet photographié.