Consciente de l’importance de ce sujet dans une ville qui scolarise plus de 9000 enfants dans 67 écoles publiques, Besançon fait le choix d’interroger toute sa population. Tous les Bisontins sont invités à exprimer leur choix : semaine de 4 jours ? Quatre jours et demi avec le mercredi matin ? Le samedi matin ? Le dimanche 10 décembre, c’est à vous de voter.

En 2013, la loi sur la refondation de l’école a engagé une réforme des rythmes scolaires. Le cadre général de la semaine scolaire a fixé à 24h réparties sur 9 demi-journées afin d’alléger la journée d’enseignement. « Aujourd’hui, grâce à un nouveau décret, le gouvernement permet aux communes de modifier l’organisation actuelle, et autorise des adaptations ayant pour effet de répartir les heures d’enseignement sur 4 jours », explique l’adjoint à l’Éducation, Yves-Michel Dahoui.

 

A Besançon, place au débat.

« J’ai voulu laisser à chacun la possibilité de s’informer et d’exprimer son choix dans les urnes en toute connaissance de cause », ajoute le premier magistrat de la Ville, Jean-Louis Fousseret.

En effet, les rythmes scolaires ont un impact sur les enfants, bien sûr, dans leur vie quotidienne et leur apprentissage. Mais l’effet se fait retentir et ressentir sur les parents, l’organisation de leurs vies, sur leur entourage, leurs employeurs. L’impact touche également les enseignants, les professionnels  de l’éducation, les associations et même les commerçants. « Voilà pourquoi, devant cette multiplicité de points de vue, devant l’importance des enjeux, que nous avons décidé d’organiser une consultation citoyenne sur les rythmes scolaires auprès de l’ensemble des Bisontins », poursuit le Maire.

 

« Il est important que la population s’empare de cette question, intervient Yves-Michel Dahoui.

Je crois en la démocratie participative, et les élus doivent prendre leurs responsabilités, mais je pense que ce thème se prête à ce genre de consultation, car il va au-delà des principaux intéressés, c’est un fait de société. Cela concerne les parents, les enfants, ceux qui n’ont pas encore d’enfants mais en auront plus tard. C’est un thème sociétal car cela concerne l’organisation de la société, et surtout ce que sera notre société plus tard. »

 

Aussi, dans un souci d’impartialité, d’objectivité, une conférence riche est organisée le lundi 27 novembre. Y participeront des grands spécialistes du temps de l’enfant et des rythmes sociologiques, des psychologues, des chrono-biologistes qui vont nourrir le débat, pour que chacun puisse ensuite voter en étant au mieux informé.

« Nous jouons le jeu de la confrontation intellectuelle, loin des décisions hâtive, poursuit l’adjoint à l’Éducation, car nous souhaitons que chacun puisse débattre, respectueusement, puisse affirmer ses conditions car aucune vie n’est comparable à une autre, puisse amasser suffisamment d’informations pour pouvoir s’exprimer ensuite, tout en ayant à cœur l’intérêt de l’enfant et en ayant conscience des conséquences de ce choix ».

Le 10 décembre, tous les habitants majeurs de la ville seront donc invités à s’exprimer sur leur attente concernant l’organisation hebdomadaire du temps scolaire pour la rentrée de septembre 2018. Cette consultation concerne toutes les écoles publiques du premier degré (maternelles et élémentaires) de la ville.

« Au lendemain de cette consultation organisée dans 36 bureaux de vote, nous présenterons les résultats au Conseil municipal de janvier qui se prononcera à son tour, puis nous nous engageons à porter ces éléments auprès de l’Éducation nationale, pour une mise en œuvre à la rentrée de septembre 2018 », assure Yves-Michel Dahoui, qui rappelle que

« l’éducation constitue l’une des priorités de ce mandat. Le temps scolaire structure la journée des enfants entre temps d’apprentissage, temps périscolaire et temps personnel.

Avec la réforme précédente en 2014, la commune de Besançon a développé des accueils périscolaires structurés dans ses 67 écoles maternelles et élémentaires. Elle a recruté des centaines d’animateurs, 20 directeurs de centres multi-sites, 4 coordonnateurs, elle a accru le niveau de formation de ces animateurs et renforcé le niveau et la variété des activités développées. Une vraie politique de qualité a ainsi été entamée, et elle le demeurera, quelle que soit la décision qui l’emportera ».