Beck, Blur, The White Stripes, Oasis, Red Hot Chili Peppers, ACDC… Le photographe Jean-Christophe Polien leur a tous tiré le portrait.

De sa rencontre avec Neil Young en 2001, Jean-Christophe Polien garde un souvenir ému.  « Je suivais Oasis en tournée. Le groupe faisait la première partie de Neil Young à Bercy. Dans la loge, j’étais avec Noel Gallagher quand il est entré. On a bu un coup tous les trois. C’était improbable ». Si on lui avait dit, des années plus tôt qu’il rencontrerait son idole, il ne l’aurait pas cru. « JC » aurait en effet pu passer sa vie derrière un bureau, CAP comptable en poche, mais il a suffi d’un cadeau de ses parents, un appareil photo Contax, pour que son chemin croise celui des légendes du rock.

La vingtaine dans les années 80, il fait ses armes de photographe à Besançon en mitraillant la scène locale new-wave. Le cadre bisontin devenu trop étroit, il suit une amie à Paris qui lui ouvre les portes de l’Elysée Montmartre. Là, sa gouaille et son travail plaisent. Son carnet d’adresses s’étoffe et les commandes pour la presse et les maisons de disque se multiplient. Zazie, Etienne Daho, Benjamin Biolay, les Rita Mitsouko… il réalise des portraits, rien que des portraits, et toujours sur rendez-vous, aux quatre coins du monde.

« Je travaille à l’envers : je repère d’abord le lieu avant de me soucier du sujet. La personne est une pièce rapportée que je pose dans le décor », explique-t-il.

« JC » peaufine son style, mélange personnel d’improvisation et de rigueur, et n’hésite pas à se montrer parfois très directif. « Etonnamment, ça marche. J’ai demandé à Beck de faire le poirier, il l’a fait !», sourit-il. Un de ses meilleurs souvenirs en 27 ans ? « Joe Strummer, le chanteur des Clash. Il me restait une pose : je lui ai donné carte blanche et il a sauté en l’air dans la rue. Cette photo a fait le tour du monde ».

JC, qui n’avait plus remis les pieds à Besançon depuis son départ à Paris en 1989, y est finalement revenu pour photographier les habitants du quartier Battant. C’était en 2015. Depuis, il y est resté, « par amour ». A 53 ans, il travaille pour les festivals Génériq, Détonation, No Logo et participe aux cycles de conférences de la Rodia avec Nicolas Sauvage. Ses photos ont fait l’objet de plusieurs expositions.