Une nouvelle galerie a ouvert en août dernier dans le quartier Battant, peuplée de détournements, d’œuvres subversives, de récup’, d’objets fantasmagoriques et autres céramiques surréalistes.

Fantasque et fantastique, décalé et subversif, voire transgressif… tel est le champ lexical qui s’impose quand on pousse les portes d’Espace Magz créations, installé depuis août dernier à Battant. Aux manettes de cette « nouvelle galerie de l’extraordinaire », Marco Golaz, expatrié suisse, amateur d’art contemporain et lui aussi artiste. « J’ai été flic en Suisse pendant 17 ans, employé de commerce, et un jour j’ai décidé de me lancer dans l’artistana. » Artistana, joli néologisme, parfait pour décrire l’univers de ce petit lieu, entre art et artisanat. On y trouve tous les supports : lampes faites à partir de récup’, robot plombier géant, lithos, peintures et insectes imaginaires. Le moindre recoin abrite les œuvres de Watch, les détournements de Jan Bucquoy (à qui l’on doit le surréaliste « Camping cosmos », avec Lolo Ferrari), de Daniel Geirhaert, et des Bisontins Brag, Lisi et Magz.

Gentiment déjanté

Magz a ajouté une nouvelle corde à son arc, en produisant la première BD du Bisontin Brag, intitulée Pouin. « Nous nous sommes rencontrés en août, raconte Nicolas Braganti, alias Brag. J’ai montré mes planches à Marco qui a décidé de me produire ». Une évidence pour ces deux hommes qui ont beaucoup en commun. « J’étais prof en sciences éco et social, et j’ai changé radicalement, sourit Brag. Bizarrement, j’étais très mauvais à l’école, sauf en dessin. Et puis j’ai eu un flash, il y a trois ans, je me suis souvenu que je savais dessiner ! » Confirmation par le « producteur », Marco : « On vit d’itinérances, bien obligés d’avoir les pieds sur terre, mais toujours un peu en décalage, en déphasage par rapport à la société dite normale. Je ne sais pas si les gens aiment les artistes, mais ils aiment l’art, et la plus belle des choses, c’est le retour que l’on a du public. C’est un travail de fourmi. Progressif. Fait de petites victoires qui donnent de la force. » Rendez-vous au 59, rue Battant, du jeudi au dimanche dès 15h, pour y faire de drôles de découvertes…

©Eric Chatelain

Sugarcubes

Alors qu’il cherchait un raccourci que jamais il ne trouvât, Nicolas Braganti peut se vanter de les avoir vus. Devenu Brag par souci d’élégance, il se lance en noir et blanc sur la banquise. Depuis leur monde synthétique, les pingouins pas manchots suivent le mouvement. Des envahisseurs au format apéricube glacé viennent de l’espace. Des êtres étranges venus d’une autre planète. Leur destination la Terre, en faire leur univers. Brag, Pouin et tous les pingouins savent bien le cauchemar a déjà commencé. Des pingouins comme dernier rempart pour stopper l’invasion ? Vous pouvez vérifier par vous-même, Brag lui, en est persuadé.