Les Invités au Festin, un autre regard sur la vie

©Jean-Charles SexeLa boutique des Invités aux Festin ©Jean-Charles Sexe©Jean-Charles SexeMarie Noëlle et Jean Besançon ©Jean-Charles Sexe©Jean-Charles Sexe©Jean-Charles Sexe©Jean-Charles Sexe©Jean-Charles Sexe©Jean-Charles Sexe©Jean-Charles Sexe©Jean-Charles Sexe©Jean-Charles Sexe
Lorsque l’on passe les portes de La Maison des Sources, le premier sentiment éprouvé est celui d’un lieu en paix ou calme et harmonie se côtoient. L’ancien Couvent des Capucins est aujourd’hui lieu de vie verdoyant ou les rires, les accolades et les moments de partage sont monnaie courante au sein de cette communauté emplie de douceur. « Bienvenue chez les fous ».

Racheté et fondé par l’association Les Invités au Festin, dont Marie Noëlle et Jean Besançon assure la présidence depuis sa création, le couvent est aujourd’hui un lieu d’accueil et de vie pour les personnes souffrant de troubles psychiques.

Le portrait de Marie Noëlle Besançon, par Marc Cellier :

Ce lieu de vie ouvert sur la ville entend créer un pont entre l’hôpital et la société, entre malades et bien-portants en permettant aux résidents permanents de prendre part à la vie du lieu, à un ensemble d’activités ainsi qu’à une ouverture sur la vie de Besançon.

Chez les Invités aux Festins, la méthode est simple : considérer chacun comme un individu constitue le meilleur remède à la fragilité psychologique, on appelle ça la psychiatrie citoyenne.

La Psychiatrie Citoyenne,  quand la citoyenneté soigne la folie.

En travaillant sur une relation souffrant-soignant basée sur les valeurs citoyennes de liberté, égalité, fraternité et solidarité, l’objectif des Invités est de lutter contre la solitude et l’exclusion des personnes souffrant de difficultés psychologiques et/ou sociales. Pour ce faire, Marie Noëlle et Jean ont imaginé en 1990 un espace de vie et d’accueil ou cohabitent personnes dites « intégrées » socialement et personnes en difficultés.

Pour Marie Noëlle, il est crucial de « Tracer le chemin manquant entre la psychiatrie, le social et la société, en recréant un pont entre les personnes fragiles psychologiquement et la communauté des citoyens. » car cela amène à la mise en place d’une co-thérapie relationnelle permettant aux exclus comme aux inclus de mieux se connaitre, d’appréhender une vie commune pour en arriver à comprendre que la « Folie » n’est qu’un regard social.

Quatre principes pour une micro-société :
FRATERNITÉ : « Vivre avec, être avec, faire avec, et non fossé entre exclus et inclus »
ÉGALITÉ : Participation, responsabilisation et non assistanat
LIBERTÉ : Ouverture sur l’autre et l’extérieur, et non repli sur soi et enfermement
SOLIDARITÉ : Modèle de l’économie solidaire et sociale non du tout marché.

Et ça fonctionne ?

Ouverte depuis 18 ans, la Maison des Sources a permis à de nombreux résidents de sortir du système médical pour évoluer en société, s’ouvrir aux autres et avancer dans leur perception du monde. Côté bilan, la fréquentation de ces lieux de vie entraîne un renouveau de la confiance en soi et en les autres, une baisse des symptômes cliniques, un désir de travailler et de retrouver une vie autonome mais aussi de s’investir dans la vie de la société, de prendre des responsabilités et de retrouver une réelle identité sociale.

Mais les Invités au Festin, c’est aussi la mise en place d’un réseau favorisant l’ouverture de nouvelles structures d’accueil et de vie, la Lanterne, seconde résidence-foyer a par ailleurs vu le jour en 2009 à Pouilley-les-Vignes.

En complément, l’association a permis entre 2009 et 2014 de développer de nouvelles manières de suivre les personnes fragiles psychologiquement et/ou socialement par la mise en place d’un accueil de jour, lieu d’activités et de rencontre, d’un pôle d’accompagnement mettant à disposition des usagers une équipe médicale et sociale et d’une boutique entièrement gérée par les résidents de la Maison des Sources.

Côté budget, le fonctionnement de l’association et des lieux de vie avoisine le million d’euros divisé en autofinancement à un tiers (Location des chambres, repas, boutique etc…), d’un tiers de subventions et d’un tiers de valorisation (bénévolat, dons…), un système efficace dans le paysage de la psychiatrie ou la tendance est aux restrictions.