Rencontre avec un ancien lutteur qui, cette année, fête un demi-siècle de licence. Portrait d’un athlète bisontin.

La lutte gréco-romaine est une histoire de famille. « Mon père la pratiquait et, par tradition, j’ai repris le flambeau, précise Joël Bozonet. Pour l’instant, nous sommes quatre générations concernées : mon père, mes enfants, mes petits-enfants et moi. »

« Au-delà de l’aspect familial, c’est un sport de combat qui me correspond bien, à savoir être seul face à l’adversaire, le respecter et ne pas tricher. Si je ne gagne pas, ce ne sera pas la faute d’une équipe, mais bien la mienne », ajoute « Jojo », fort de ses 50 années d’expériences en tant qu’athlète, entraîneur, responsable technique et aujourd’hui vice-président du CP Besançon lutte.

Premiers pas sur les tapis à l’âge de 14 ans puis entraînement intensif jusqu’au service militaire, encore obligatoire à l’époque. C’est dans la section sportive, entouré des meilleurs boxeurs, rugbymen et bien sûr lutteurs qu’il a donné le meilleur de lui-même.

« Au contact de l’élite, j’ai eu la chance de devenir un compétiteur de haut niveau couronné par deux titres de champion de France, en 74 à 20 ans et en 75 ». A son palmarès également, une présélection pour les Jeux de Montréal, une participation aux Jeux méditerranéens et une autre aux championnats d’Europe. 

Champion de France à 20 ans 

Joël Bozonet médaillé champion de France junior et senior.©D.R.

Mécanicien la journée et lutteur le soir, Joël décide de tout plaquer à l’âge de 27 ans, monte à Paris et passe son brevet d’Etat. « Avec ma femme et mes enfants, nous sommes partis en caravane direction la capitale ».

Dans la fougue de sa jeunesse, il se rappelle n’avoir rien préparé et c’est dans un camping de Joinville qu’il a traversé cette période. Jusqu’à ce que la Ville de Besançon l’embauche au service des sports pour, en partie, restaurer la salle dans laquelle il allait devenir éducateur.

« Il y a 50 ans, on s’entraînait dans une salle chauffée par des fourneaux. Aujourd’hui, elle est moderne et climatisée. En l’espace de 37 années, le club est passé de 80 à 280 licenciés. »

Après 7 ans de lutte sur la scène internationale, Joël souhaite passer le témoin à la nouvelle génération. Dans cette logique, il devient coach. « J’ai vécu autant d’émotion et de stress en étant entraîneur et en partageant tout avec les athlètes, dans la victoire comme dans la défaite », affirme-t-il.

Bien plus qu’une salle de sport, le CPB (Club pugilistique bisontin) est une grande famille : « avec les athlètes, on se voit tous les jours, on s’appelle, on part en stage, en compétition, on vit ensemble ». A chacun sa mission : « eux doivent se dépasser physiquement et mentalement tandis que l’entraîneur doit se montrer patient et pédagogue ».

Joël Bozonet entraîneur du club CPB lutte en présence son équipe. ©D.R.

6 Jeux au compteur 

Véritable pigeon voyageur, « Jojo » a vécu de l’intérieur plusieurs Jeux olympiques (Barcelone, Atlanta, Athènes, Pékin, Londres et Rio) et rencontré bon nombre de personnalités comme Teddy Riner, « gigantesque et sympathique » ou Roseline Bachelot, ancienne ministre de la Santé et des Sports, « drôle et joyeuse ».

Mais c’est à Besançon que remontent les meilleurs souvenirs de sa longue carrière, notamment lors de la victoire en championnat de France par équipes 2014. « Tout ce qui repose sur le collectif  est plus intense », affirme-t-il. Aujourd’hui, alors qu’il vient de prendre sa 50e licence au CPB,

Bozo nourrit un rêve : « accompagner sa petite-fille aux Jeux Olympiques de Paris en 2024 ».

On le lui souhaite !