Nancray, le musée aux 20 000 objets…

Datant de la fin 18ème, le plus vieil objet du musée est un fixé sous plaque de verre représentant un enfant Jésus sauveur du monde. Le cadre en sapin léger correspond à une diffuion par colporteur ©Eric ChatelainLes visiteurs peuvent enfiler des reproductions de tenues d'époque avant la photo souvenir sur fond de charrette de foin. ©Eric Chatelain©Eric ChatelainUne des pièces maîtresses des collections du musée : un corbillard du début 19ème ©Eric Chatelain
De l’aiguille à coudre à la moissonneuse-batteuse, les réserves du musée des Maisons comtoises de Nancray, qui vient de fêter ses 30 ans, regorgent de trésors amassés au fils des décennies.

Si le musée des Maisons comtoises et ses 35 fermes, fruitières, greniers à blé sont bien ancrés dans le patrimoine régional, on connait moins l’envers du décor. Onze points du site de Nancray abritent en effet les collections qui ne sont pas présentées dans les maisons et les extérieurs du musée. « 15 %, – soit 3 000 objets – sont exposés, sur les  20 000 en notre possession, souligne Virginie Duede, la directrice. Dès 1936, lorsque l’abbé Garneret commence sa réflexion  de créer un conservatoire de l’habitat, il collecte aussi ses premiers objets ». D’abord entassés dans la cure de Lantenne-Vertière où l’abbé officie, meubles, tableaux, vaisselle, poêles rejoignent un temps le Palais Granvelle, puis le musée Comtois à la citadelle. « Mais la cure débordait toujours, poursuit la directrice. Nancray ouvre en 1988 et l’on meuble les premières maisons avec toutes ces richesses patiemment collectées, issues de dons pour la grande majorité. »

Il reste pourtant énormément d’objets du 18e au milieu du 20e siècle. En 1984, le musée récupère « Sochaux » comme on le surnomme, un hangar à avions de la 1ère guerre mondiale, donné par la ville éponyme. « Il ressemble davantage à une grange, ce qui ne permet pas de conserver convenablement les collections mais l’on dispose tout de même de 1 480 m2 de réserve ».  Pour autant, « Sochaux », avec ses dizaines de charrettes à foin, son corbillard, ses tonneaux, calèches, traineaux, luges, alambics, échelles, poussettes, bétaillères, berceaux, chaises… est à son maximum de stockage.

 Du lin à l’ortie

L’inventaire, méticuleux, recense, par thèmes et par matières, tout ce que l’on entrepose dans divers lieux du musée : une salle est consacrée au linge de maison et aux vêtements, bien à l’abri sous leurs grandes housses, aux accessoires (gants, bonnets, mercerie…). Des pièces en lin, en chanvre et même en ortie, dont on conserve précieusement un unique torchon.

Là on stocke la céramique, le métal, le bois : jouets, accessoires religieux, vaisselle par centaines de pièces, objets de toilette, mannequins à couture. Ici armoires, buffets de cuisine, lits par dizaines mais aussi poêles, bassines, chaudrons. « Sans oublier l‘outillage agricole manuel, qui représente le plus gros de nos réserves en numéraire, avec une mention spéciale pour la fourche, championne de notre inventaire », sourit Virgine Duede.

On n’en finirait pas de lister cette collection qui régulièrement, permet de renouveler le parcours permanent de Nancray, réalisé autour du projet scientifique et culturel élaboré pour le musée. Le prochain est prévu en 2019.

maisons-comtoises.org

En habits et en photos

Un nouvel espace ouvert début juin dans la maison des Joncherey permet aux visiteurs un vrai  retour dans le passé. Sandrine Guillaume, assistante de conservation, chargée de la gestion des collections explique : «  Nous mettons à la disposition du public des reproductions de costumes d’époque de la fin 19e siècle au début 20e pour hommes, femmes et enfants. Jupons, jupes, camisoles, tabliers et chapeaux de paille pour les dames ; pantalons, chemises de jour, mouchoirs  de col (un genre de bandana pour cacher le cou), grande ceinture (une large bande de tissu) à enrouler autour de la taille pour les messieurs. Et pour tous, des sabots en bois. » Dans une seconde salle, les visiteurs peuvent ensuite se photographier, costumés, devant un fond sépia ou trône une charrette à foin. Comme au temps de « La petite maison dans la prairie »… version franc-comtoise.