Euro 1988 : Pour l’éternité

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C’était le titre choisi par le Journal L’Équipe après la victoire de l’équipe de France championne du monde le 12 juillet 1998. Dix ans plus tôt, une autre équipe de France avait remporté l’Euro espoir de football en finale face à la Grèce au stade Léo Lagrange. Retour sur cet événement qui fit de Besançon, le temps d’une soirée, la capitale du football européen.

La venue de l’équipe de France Espoir le 29 mai dernier au stade Léo Lagrange pour affronter l’Italie, a fait remonter quelques souvenirs à la surface. Il y a 30 ans, cette même équipe de France devenait championne d’Europe en battant la Grèce 3 à 0 devant près de 25 000 Grand Bisontins conquis. Un coup de projecteur énorme pour la capitale comtoise puisque plus d’une centaine de journalistes européens relayaient l’événement par ailleurs diffusé en direct sur Canal+ et commenté par Michel Platini lui-même.

Et le public a été moteur dans cette quête du premier et unique trophée remporté par la France dans cette compétition, 4 ans après la victoire de la bande à Platini lors de l’Euro 84.

Une compétition longue

Car à l’époque l’épreuve est longue et se dispute par match aller puis retour dans les pays respectifs. Après avoir éliminé la Norvège, l’URSS et la RDA en poule, les bleuets sortent l’Italie en quart de finale, avant d’affronter l’Angleterre grand favoris de la compétition. Le match aller se déroule à Besançon, déjà, devant un stade plein et dans une ambiance euphorique. Au terme d’un match spectaculaire, la France de Cantona, Paille et Blanc bat l’Angleterre 4 à 2 avant de se qualifier au match retour à Londres avec un match nul (2-2).

Demi-finale France – Angleterre – Match aller à Besançon le 13 avril 1988.

La France s’ouvre alors les portes de la finale face à un adversaire surprise : la Grèce. Après un match tendu à Athènes dominé par les Grecs, les deux équipes se séparent sur un score nul et vierge.

Finale aller en Grèce – mai 1988

Au match retour, le 12 octobre 1988, tout Besançon vibre à l’idée de voir l’équipe de France soulever son premier trophée dans cette catégorie. Après un coup d’envoi fictif donné par le Bisontin Lucien Laurent, le premier buteur de la coupe du monde de football en 1930, la partie peut démarrer dans un stade chauffé à blanc.

Et le public ne va pas tarder à exploser ! Dès la 8ème minute, Franck Sauzée l’ex sochalien ouvrait le score d’une frappe lourde de 25 mètres. Les Grecs durcissaient le jeu et récoltaient les cartons… Ils se procuraient aussi de nombreuses situations dangereuses annihilées par Bruno Martini le gardien tricolore. A la pause le sort de la partie était encore indécis.

 

Au retour des vestiaires, les Grecs prenaient un premier carton rouge. En infériorité numérique ils subissaient les assauts français et encaissaient un deuxième but sur une nouvelle frappe canon de Franck Sauzée (55ème). Les Tricolores maintenaient la pression et sur un corner de Stéphane Paille, c’est son compère sochalien Franck Sylvestre qui sonnait le glas des ambitions grecques.

L’équipe de France terminait le match à sa main devant un public bisontin enthousiaste. Les Grecs perdaient leurs nerfs en fin de match et recevaient deux nouveaux cartons rouges pour terminer la partie à 8 !

 

Les hommes du sélectionneur Marc Bourrier, Stéphane Paille le capitaine en tête, pouvaient recevoir le trophée tant convoité au cœur de la tribune honneur du stade Léo Lagrange.

Le rôle du public bisontin

Après match, l’homme de la finale Franck Sauzée insistera sur : « le rôle prépondérant du public bisontin qui a été formidable pendant 90 minutes ! ». Toute une ville était en effet mobilisée derrière « son équipe espoir ». souligne Robert Schwint, le Maire de Besançon dans l’édito de BVV. Il prophétise alors : « cette victoire brillante, indiscutable, est celle d’une équipe solidaire, conquérante, volontaire, d’une équipe où chaque individualité se met au service de la collectivité. Cette victoire n’est pas la fin d’une aventure, mais gage de confiance en l’avenir du football français… ». Dix ans plus tard la bande à Aimé Jacquet lui donnera raison et entamera elle aussi un refrain bien connu : et 1, et 2, et 3 zéro…

Résumé vidéo de la finale retour – 12 octobre 1988 à Besançon

 La séléction française championne d’Europe espoir 1988

Gardiens de but

Le chiffre : 1988

Une année faste pour le football bisontin puisque Michel Vautrot était désigné meilleur arbitre du monde pour la première fois.