Cet été, nous avons missionné nos tourdumondistes de partir à la recherche de Bisontins et Franc Comtois à travers le monde ! De l’Inde à Dakar en passant par Montréal, nous vous proposons une série de portraits inspirants, véritable concentré d’évasion à travers leurs histoires différentes mais connectés par leurs racines et leur envie de parcourir le monde. Et qui sait, peut-être que nos franc comtois réveillerons votre soif d’ailleurs !

Pour commencer, c’est Paul, ancien Bison désormais âgé de 26 ans que nos bisontins sont allé dénicher entre l’Inde et l’Indonésie. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’expatriation, Paul est tombé dedans dès tout petit !

Peux-tu te présenter, nous dire d’où tu viens, quel est ton parcours avant ton expatriation ?

Je m’appelle Paul Marquez, j’ai 26 ans. Je suis né à Montauban (82) en 1992. J’ai pas mal déménagé étant plus jeune car mon père est dans l’armée. J’ai notamment vécu au Tchad pendant un an, j’avais alors 11/12 ans. Puis je suis arrivé à Besançon, où j’ai d’abord fait une bonne partie de mon collège ainsi que mes années lycée. Puis je suis parti à Dijon pour mes études de commerce. Cependant je continuais de venir plusieurs fois par semaine sur Besançon car je jouais au football américain aux Bisons de Besançon. J’en profitais pour voir la famille et les amis.

J’ai ensuite débuté comme mannequin lors de ma dernière année d’étude. Quand j’ai su que je pouvais poursuivre ce travail à l’étranger, je n’ai pas hésité. Ces quatre dernières années j’ai donc travaillé en Chine, Thaïlande, Indonésie, Taiwan et surtout en Inde où j’ai passé un peu plus de deux ans.

Qu’est ce qui a été l’élément déclencheur qui ta poussé à partir vivre en Inde ?

Mon premier séjour à l’étranger comme mannequin a été en Inde en 2014. Je vivais sur Mumbai. Avant de me décider pour l’Inde, j’ai eu plusieurs propositions. Je ne savais pas si je partais comme mannequin à l’international pour quelques mois seulement ou pour plusieurs années. J’ai choisi l’Inde car l’expérience me paraissait assez folle, ce que j’adore ! Je n’étais pas sûr d’avoir d’autres occasions d’y aller. J’étais intrigué par la culture et par ce pays qui ne ressemble en rien à la France. Je voulais découvrir quelque chose de différent, j’aime sortir de ma zone de confort.

Combien de temps as-tu vécu en Inde ? Quelles ont été tes activités lorsque tu vivais là bas ?

J’y ai fait plusieurs séjours entre 2014 et 2018, je restais à chaque fois entre 5 et 7 mois. J’ai passé en tout un peu plus de deux ans sur place. Six mois à Bangalore et le reste à Mumbai. Etant donné que j’étais là-bas pour le travail, je passais beaucoup de temps entre les castings, shootings et tournages. Je travaille essentiellement pour des magazines, catalogues, sites de vente en ligne, campagnes publicitaires et publicités télévisés. Sur mon temps j’en profitais pour faire des visites touristiques, faire du sport, aller au cinéma (j’ai vu un bon nombre de films bollywoodiens), passer du temps avec mes amis et faire la fête. D’ailleurs les indiens adorent faire la fête ! Surtout à Mumbai qui est une ville qui ne dort pas. Tous les indiens n’ont pas le luxe de pouvoir sortir en boite ou dans les bars, mais il y a beaucoup de célébrations religieuses (Holi, Diwali, Ganpati, etc.).

J’ai vécu un certain temps avec d’autres mannequins (venant du Brésil, Mexique, Serbie, Argentine, Kazakhstan, Espagne, Ukraine, Croatie, Bosnie, Etats-Unis, Afrique du Sud, Italie, etc.) puis avec des colocataires indiens. Donc chaque séjour est toujours une belle aventure avec des beaux moments de partage ! Quand j’avais des weekends ou petites vacances, j’en profitais pour voyager dans le pays. Je suis par exemple allé au Taj Mahal à Agra avec mon meilleur ami venu de France ou encore à Goa pour profiter de la plage pendant une semaine avec mes amis indiens.

Qu’est-ce qui t’a marqué dans ta vie en Inde ? As-tu une anecdote, un souvenir particulier à nous partager ?

Tout est tellement différent. La nourriture est très épicé, je m’y suis fait et maintenant j’adore ça. On se déplace principalement en rickshaw (tuktuk), il y a du bruit sans arrêt avec les klaxons qui n’arrêtent pas. Il y a des chiens errants dans toute la ville. Les rues sont bondés de monde. Il y a une forte pollution dans les grandes villes comme Mumbai, Bangalore ou encore Delhi. Une certaine misère est sous nos yeux, une partie de la population essaye de survivre. Mais à côté de ça, la vie mène son court. C’est presque malheureux à dire mais on se fait à cet environnement, après un certain temps tout devient normal. Cela fait partit du paysage.

11ème anniversaire de Da Man magazine, 1er magazine de mode pour homme en Indonésie, magazine pour lequel Paul a shooté deux fois

Deux anecdotes me viennent en tête. Lors de ma première semaine en Inde, j’étais surpris qu’il n’y ait pas de supermarché dans mon quartier. Je devais faire mes courses dans une petite rue commerçante qui ne paie pas de mine. Je ne trouvais pas ce que j’avais l’habitude de manger en France. Au début je ne mangeais pas grand chose, ou seulement des pâtes. Puis j’ai pris mes repères et je me suis adapté avec ce que j’avais à ma disposition. Sinon, en face de ma première agence de mannequins (en 2014), il y avait un terrain de football où jouaient des jeunes du quartier. Après nos castings, avec mes colocataires, nous avions l’habitude de jouer au foot avec eux. Nous portions nos baskets et eux étaient toujours pieds-nus. Ils avaient donné des noms à tous les chiens errants du quartier. Ils les nourrissaient. Comme quoi, même avec peu de moyen, il est possible de faire de beaux gestes. On connaissait les noms des jeunes, ils connaissaient nos noms. On partageait nos journées à chaque fois que nous le pouvions.

Tu vis désormais à Jakarta, pourquoi avoir choisi de quitter l’Inde ? Qu’est-ce qui a motivé ton choix pour Jakarta ?

J’aime changer d’environnement, voyager, découvrir de nouveaux endroits. J’ai la chance de pouvoir le faire alors j’en profite maintenant que c’est possible. C’est mon deuxième séjour à Jakarta, le travail y a été propice la première fois alors j’ai voulu y retourner. C’est une ville intéressante pour le mannequinat, où il est possible de poser pour de beaux magazines par exemple. Il y a aussi un bon marché pour les publicités télévisés. Je connaissais peu de chose sur l’Indonésie avant de venir sur Jakarta, c’était une bonne raison pour tenter l’aventure. Je voulais en savoir plus sur ce pays. Et puis Bali se trouve à vol d’oiseau de Jakarta, alors c’est plutôt plaisant. Je suis content d’avoir fait ce choix. Je me plais bien ici, c’est une ville vivante, la nourriture est bonne, et les gens sont adorables. Petit bémol, il n’y a pas grand chose à voir sur Jakarta d’un point de vu touristique.

Peux-tu nous parler de ta vie Bisontine ? Nous partager une anecdote, ton opinion sur Besançon, la qualité de vie, les relations sociales etc.

Besançon est une ville riche en histoire où il fait bon vivre et les gens sont aimables. J’aimais me balader avec mes amis dans la boucle après les cours quand les beaux jours arrivaient. Je vivais à l’extérieur de la ville alors je réglais mon emploi du temps sur les horaires de bus. Je suis toujours très proche de mes amis avec lesquels je jouais au football américain. Nous avions nos petites habitudes après les entrainements. Manger au kebab restaurant « la Corne d’Or », rue Claude Pouillet, puis faire le tour des bars du centre-ville. Une habitude qu’ils ont toujours pour certains, j’en profite avec eux quand je repasse par Besançon. L’avantage de Besançon c’est que ce n’est pas une très grosse ville, alors nous croisons souvent des têtes que nous connaissons. C’est toujours très bon enfant !

Shooting à Paris par le photographe Jabira Edison

Penses-tu revenir vivre à Besançon un jour ? Quels sont tes projets à plus ou moins long terme ?

J’adore Besançon et pourquoi pas y revenir un jour m’installer. On ne sait pas de quoi est fait l’avenir. C’est une ville idéale pour élever une petite famille. Ce n’est pas prévu pour les prochaines années car avec mon travail, si je reviens vivre en France, je dois être basé sur Paris. Je pense continuer le mannequinat à temps plein pour quelques années puis ensuite faire autre chose, en lien avec le commerce. Je ne fais pas vraiment de plan, cela dépendra des opportunités et de ce que me réserve l’avenir. Pour l’instant je m’épanouie avec cette vie.

Qu’est-ce que tu voudrais dire à un bisontin souhaitant tenter l’expérience de l’expatriation ?

De se lancer ! Il y a de plus en plus de possibilités pour partir à l’étranger. C’est une chance que les générations précédentes n’ont pas forcément eu. Il faut en profiter, que cela soit pour quelques mois, un an ou plusieurs années. C’est toujours une très belle expérience humaine qui nous permet d’apprendre beaucoup sur les autres et sur nous-même.

 

N’hésitez pas à suivre les aventures de Paul sur Instagram : @paul.mqz