Le centenaire des Salins de Bregille

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Il y a un siècle, en mai 1918 exactement, le complexe médico-social et sanitaire Les Salins de Bregille voyait le jour sur la colline bisontine, pour soigner les enfants victimes de la Grande guerre. Dédoublée sur deux autres sites en France, l’association emploie désormais 850 salariés, dont la moitié à Besançon.

 « Avec quelque 1 000 patients par an de 3 à plus de 100 ans, il est vrai que l’établissement bisontin a vraiment élargi son champ d’action », résume Me Philippe Cadrot, président des Salins de Bregille. De sa création en 1918 (lire encadré) à sa vocation de sanatorium en 1930 afin d’enrayer les ravages de la tuberculose, l’établissement entreprend ensuite sa mue à la fin des années 1950.

Sur leur colline, les Salins se sont multipliés : les pavillons et centres ont poussés ici et  là et s’étendent désormais sur 7 ha, ouvrant le champ des spécificités, pour d’autres publics et d’autres pathologies. Le Centre de rééducation réadaptation fonctionnelle, très spécialisé, est devenu une référence, aussi bien pour les adultes que les plus jeunes.

Des jeunes qui, aux Salins, ne sont jamais oubliés, comme l’aurait voulu son fondateur, le chanoine Mourot. Deux structures dédiées aux enfants et adolescents malvoyants ou en difficultés de polyhandicap leur sont réservées. Plus loin, un Institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP) accueille en internat ou à la journée une centaine  d’enfants et d’adolescents désocialisés, en rupture de familles. Ici aussi, c’est une résidence dédiée aux personnes âgées.   « Il s’agit toujours de répondre aux besoins des plus fragiles », rappelle Me Cadrot.

 L’an passé,  l’établissement a créé le pôle Handicaps rares de Bourgogne-Franche-Comté, s’ajoutant au Centre d’évaluation, de conseils et d’orientation pour les malvoyants, créé il y a deux ans, qui propose des consultations gratuites, notamment pour la dégénérescence maculaire des plus âgés. 

Un film de présentation de l’association bisontine, créé à l’occasion du centenaire, retrace cette belle aventure humaine. A découvrir sur https://www.salinsdebregille.net/

Les maisons d’enfants du chanoine Mourot

« Rien n’est fait tant qu’il reste mieux à faire » : la devise du chanoine Hubert Mourot, fondateur des lieux n’a jamais cessé d’être le leitmotiv de l’association. Dès 1916, cet enfant du pays natif d’Amathey et infatigable défenseur de la cause des enfants malades, s’inquiète de leur santé comme de leur avenir. Il creuse son idée, part en campagne, cherche des fonds, en parle à l’archevêché comme aux industriels et notables de la région. Proche du funiculaire de Bregille, le pavillon Saint-Georges est le premier à ouvrir en mai 1918. «  A l’origine, seules deux sœurs de la Charité s’occupaient d’une douzaine de fillettes », résume Me Cadrot.

L’année suivante, la maison d’enfants s’élargit à Beauregard-Superbregille et accueille aussi des garçons avant de devenir, en 1922, l’association Les Salins de Bregille. Le chanoine Mourot souhaite que les enfants puissent continuer leur cure de repos au bon air marin, durant l’hiver. Il découvre par hasard Hyères et finit là aussi par y trouver une villa et des dons. Aujourd’hui, le site varois est lui aussi multi casquettes (rééducation fonctionnelle, services médico-sociaux, pouponnière médicale…). Là 400 salariés y accueillent autant de patients qu’à Besançon. Un troisième site, à l’hôpital de Marseille, est lui aussi en lien étroit avec l’association des Salins.