Hi Levelz, alias Léo Petit, vient de passer avec succès les auditions à l’aveugle de The Voice et a intégré l’équipe de Mika. Bisontin de souche, son style hip hop/soul risque de ne pas passer inaperçu dans les semaines à venir.

On ne connaît pas encore très bien Hi Levelz à Besançon. Et pour cause, le jeune homme s’est exilé à Paris depuis plusieurs années. Il y a 5 ans, le manager d’Ofenbach l’approche, mais il ne se sent pas prêt à se lancer professionnellement dans la musique. Puis en 2018 tout s’accélère : Le duo de DJ a besoin d’un rappeur anglophone, à la voix soul et caverneuse, pour les accompagner dans la promotion de leur titre « Party » en France. L’affaire est conclue et très vite, Hi Levelz et Ofenbach partagent la même scène. C’est quelques mois plus tard que le jeune homme saisit l’opportunité de participer au célèbre télé crochet.

Trois questions à Hi Levelz :

Tu as été repéré par The Voice ?

Oui, c’est un recruteur sauvage qui m’a repéré, et je n’étais pas pour au départ. The Voice c’est une grosse machine, ça fait peur. Ça peut accélérer beaucoup de choses et il faut faire attention à contrôler son image. Ça peut être positif comme négatif ! Il faut prendre le risque d’être identifié comme « le mec qui a fait The Voice ». Mais quand on réfléchit bien, énormément d’artistes actuels ont fait une télé. Les émissions comme ça se démocratisent, et c’est ce qui m’a aidé à prendre ma décision. C’est ma mère qui a fini de me convaincre, en me disant de voir l’émission comme un tremplin pour la suite, et que tant que je gardais ma personnalité et mon intégrité, tout irait bien. Une de mes chansons lui est d’ailleurs dédiée dans mon EP.

Tes titres sont en anglais, une raison particulière à cela ?

Ma mère est zambienne, et bilingue puisque c’est un pays anglophone. J’ai donc appris l’anglais très tôt. Et mes artistes préférés chantant ou rappant en anglais, ça m’a paru évident de me lancer dans cette langue.

L’anglais est aussi une stratégie pour essayer de m’exporter. Je ne vise pas que la France, mais c’est une stratégie qui prend du temps et petit à petit j’espère me faire connaître à l’international. Je n’ai pas commencé avec l’ambition de conquérir la planète, ça s’est fait comme ça et ensuite j’ai remarqué que l’anglais pouvait être une opportunité pour me faire connaître ailleurs. Les gens à qui j’ai envie de communiquer ma musique viennent de partout et parlent toutes les langues, alors l’anglais semblait être un bon compromis.

Pour la suite, j’aimerais aussi faire du « franglais » à ma sauce : jouer sur des mots transparents comme « déjà-vu », faire des clins d’œil à la France, parce que même si je chante en anglais, je suis fier d’où je viens ! Je passe beaucoup de temps à travailler mes paroles, j’aime beaucoup la poésie française ; Rimbaud, Victor Hugo… Beaucoup d’œuvres m’ont inspiré.

Dans ton cheminement musical, y a-t-il eu un événement déclencheur qui t’a poussé à devenir professionnel ?

Oui, il y a quelques années, j’ai fait un titre qui s’appelle « Rap Jazz ». Avec un ami, on en a fait un clip avec tout juste 200 euros et, sur un coup de tête, on l’a envoyé à la chaîne Ofive. Ils m’ont renvoyé un formulaire me demandant le numéro d’inscription IMBD du réalisateur, mon numéro de SIRET, mon label, mon numéro Sacem… Je n’avais rien de tout ça ! En désespoir de cause, on a renvoyé le formulaire avec seulement nos noms et le nom de la chanson. Ofive a diffusé le clip pendant 6 mois ! C’est à ce moment que je me suis dit que ce que je faisais pouvait plaire, et ça m’a beaucoup motivé à continuer.

Maintenant que j’entame une aventure comme The Voice, j’aimerais profiter de la fenêtre d’exposition que peut m’offrir l’émission, et j’ai pas mal de projets en cours. Plusieurs morceaux, voire un nouvel EP. Je rencontre de nouvelles personnes depuis que cette aventure a commencé, et ça me donne encore plus envie de travailler et d’explorer de nouveaux horizons. C’est très stimulant de rencontrer autant de gens différents.

Son premier EP est à découvrir ici