En 2018, DisKO avait enflammé la Rodia. Cette année, le Local Boxe Club voit plus grand et investit le Palais des Sports. Rendez-vous le 22 mars 2019 pour DisKO2.

« Renommer le Local Boxe Club n’était pas suffisant. Il fallait aller plus loin, créer une manifestation qui retrace le parcours de Jean Josselin, et lui rende hommage » confesse Jean-Louis Fousseret pour décrire l’événement DisKO 2, qui aura lieu le 22 mars prochain au Palais des Sports. 

Lors de la première édition à la Rodia en 2018, le public du sport allait à la musique, et la salle de concert accueillait plusieurs combats de boxe, ainsi que le concert du groupe Corine. Une soirée à l’ambiance électrique qui a sans nul doute marqué les esprits. 

Cette année c’est l’inverse, la musique va au sport. Le soir du 22 mars, c’est au tour du Palais des Sports  d’être le témoin de cet événement qui prend de plus en plus d’ampleur. Le public pourra notamment assister à plusieurs combats professionnels, dont un combat féminin. Clou du spectacle : le championnat de France des poids-lourds, opposant Raphaël Tronché et Zakaria Azzouzi.

Pour la touche musicale, on retrouve le groupe Général Elektriks pour assurer l’ambiance. Accompagné des musiciens Jessie Chaton, Jordan Dalrymple, Touski et Eric Starczan, le français Hervé Salters promet de faire bouger le Palais des Sports au rythme endiablé des synthés. Grâce à ses inspirations soul et funk, l’ambiance sera au rendez-vous. (

Cette deuxième édition sera l’occasion pour le Local Boxe Club de Besançon de rendre hommage au boxeur Jean Josselin, aujourd’hui âgé de 79 ans. A 14 ans, il est entré presque par hasard dans une salle de boxe, parce qu’il était « un peu fort » et qu’il voulait perdre du poids. Il commence sa carrière professionnelle à 16 ans, et les titres pleuvent. Champion du monde militaire, champion de France et d’Europe, mais cela ne l’a pas empêché de tomber dans l’oubli à la fin de sa carrière. C’est pour retenir son nom et lui rendre les honneurs que DisKO 2 a vu le jour. 

Trois questions à Jean Josselin

Un palmarès impressionnant : 89 combats, 66 victoires, 16 défaites, 7 nuls et 41 KO. Jean Josselin est sans conteste l’athlète bisontin des années 60. 

« Pour moi, c’est le père de la boxe. Il m’a donné l’envie de boxer, il suffisait que je le regarde pour avoir des étoiles dans les yeux. C’est tout simplement mon idole. » (Morrade Hakkar, directeur sportif du Local Boxe Club)

Voyez-vous une différence entre l’ancienne génération et les boxeurs actuels ? 

Oui, entre l’ancienne génération et celle-ci, il y a une baisse de niveau. Et elle n’est pas due à un manque d’amour du sport ou de motivation, mais à la vie qui est devenue plus facile, plus confortable. À mon époque, nous étions plus stimulés, la boxe rapportait l’argent dont nous avions besoin. Les métiers étaient plus physiques, ils favorisaient l’attrait pour le sport. 

Certains jeunes sont très bons ! Ils ont de l’avenir, mais ne boxent pas assez souvent selon moi. Et le niveau international, c’est encore autre chose. Il faut avoir des nerfs d’acier pour aller jouer ailleurs sans perdre de vue son objectif et sans se laisser intimider. 

Les boxeurs du 22 mars ont l’air très prometteurs, ils en veulent, mais c’est dur de se prononcer. Un boxeur à l’entrainement et en match, ça n’a rien à voir. J’ai hâte de voir les combats. 

Que retenez-vous de votre carrière ? 

Le match qui m’a le plus marqué est sans doute Dallas, le championnat du Monde de 1966. C’est impressionnant d’être arrivé jusque-là et mon adversaire était un très grand boxeur. Je pense également à mon titre de champion du monde militaire à New York en 1960. Mais Dallas reste le souvenir le plus fort. 

Lorsque je boxais à Paris, mes amis venaient me voir ; Jacques Dutronc, Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura… La boxe était très populaire à l’époque, c’était la sortie à la mode. Donc j’ai vite rencontré du beau monde. Quels souvenirs. 

J’ai énormément voyagé grâce à ma carrière, en France comme à l’étranger. Et j’ai vécu des tranches de vie inoubliables. Par exemple, j’ai boxé à Berlin, j’ai pu mesurer le difficile quotidien des habitants à l’est du mur, j’ai vu les pays de l’est… Mais le plus marquant pour moi c’est Johannesburg, en 1965. Là-bas, c’était l’apartheid, et j’ai joué devant un stade réellement coupé en deux : un côté noir, un côté blanc. Les boxeurs noirs n’avaient pas le droit de boxer. Assister à ce genre de moments et voir ensuite l’histoire changer a été incroyable. 

Quel est votre lien avec la boxe aujourd’hui ? 

Aujourd’hui, je continue à avoir un certain lien avec la boxe. À travers les souvenirs, déjà. Et puis je suis souvent au Local Boxe Club, que j’ai d’abord connu sous le nom de Ring Olympique Bisontin ! J’ai vu la salle évoluer au fil des années. J’attends avec impatience la soirée du 22 mars, et je suis heureux qu’après toutes ces années, on pense encore à moi. 

À la fin de ma carrière, j’ai ouvert mon affaire. Je ne pouvais vivre de ma bourse de boxeur.  J’ai tenté de garder un lien fort avec la boxe, mais je n’avais pas le temps de faire les deux. J’ai consacré une grande partie de ma vie à la boxe, et j’ai l’impression d’avoir vécu ce que j’avais à vivre à ce sujet.  

Combats du 22 mars 2019 :

  • Combat 1 : Féhiçal RADOUANE VS Frédéric COUSY
  • Combat 2 – féminin : Myriam DELLAL VS Pasa MALAGIC
  • Combat 3 : Jean-Jacques OLIVIER VS Csaba SCHRAMMEL
  • Combat 4 – championnat de France catégorie poids lourds : Raphael TRONCHE VS Zakaria AZZOUZI

Liens utiles :

Billetterie : https://www.weezevent.com/disko-2-hommage-a-jean-josselin

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