C’est le mois des musiques actuelles ! 8 mai, inauguration d’une Rodia transformée et concerts pendant trois jours. 11 mai, journée portes ouvertes au Conservatoire, qui propose depuis de longues années une formation courue dans le domaine. 24 et 25 mai, le Bastion ouvre son rez-de-chaussée, après un an de travaux. Concerts gratuits, expos, ateliers, conférences… en mai, fais ce qu’il te plaît…

Six mois de travaux, un budget de 900 000 € TTC (équipements techniques compris) et la fermeture de tout l’établissement ont été nécessaires pour transformer la grande salle de la Rodia. Désormais, un balcon surplombe la fosse et la scène portant la capacité à 1 100 spectateurs. ≪ On passe la barre symbolique des 1 000 places, et ça change tout, confie Manou Comby, directeur de la Smac. C’est indispensable pour accueillir une autre catégorie de groupe, comme Archive par exemple, qui jouera ici en novembre. ≫ Le chantier ne s’est pas arrêté à la grande salle. ≪ On en a profité pour retravailler l’acoustique et l’éclairage, pour installer un nouveau matériel, pour repenser la circulation du public, l’accueil des personnes a mobilité réduite, le vestiaire, la terrasse, l’aménagement du bar, les tarifs… tout a changé, même la couleur ! ≫

Une phase de travaux accompagnée par une période de réflexion. ≪ Le rock n’a jamais été une musique subventionnée et nous ne voulons pas devenir une institution artistique fermée. La Rodia est un lieu de création, mais pas seulement une boite a concerts, c’est aussi un lieu citoyen, un lieu populaire, un lieu d’échanges. De plus, il y a une particularité a Besançon, on bosse tous ensemble, il existe un circuit entre le Conservatoire, le Bastion, et le circuit de diffusion rock, l’Antonnoir, les Passagers du Zinc, le Bar de l’U, qui fonctionne très bien et qu’il faut continuer à pousser en avant. La Ville qui investit sur le Bastion et la Rodia, peu de villes font ça, et ça tire tout le monde vers le haut. »

Tout le monde, c’est-à-dire les partenaires privés, les associations et les groupes locaux. D’ailleurs, ce seront des élèves du conservatoire et de la MJC Palente qui inaugureront le lieu, le 8 mai. « Et le 10, ce sera une soirée 100 % bisontine à tarif modique, pour que tous les Bisontins, musiciens et public, se réapproprient la grande salle », confie le patron. Le 11 mai, Rodia, Bastion et Conservatoire seront tous ouverts à l’occasion des Portes ouvertes de ce dernier. « C’est normal, il faut que les gens suivent le fil de ce quartier dédié aux musiques actuelles, l’après-midi au Conservatoire et au Bastion et à 19 h à la Rodia. »

LES MUSIQUES ACTUELLES AU FIL DE L’EAU

Pour Éric Scrève, son directeur, « le Conservatoire cultive toujours davantage les esthétiques et les publics au pluriel en développant l’apprentissage et l’épanouissement en collectif. » On y apprend en effet danse, musique, théâtre, hip-hop, rock, chant, création contemporaine ou musiques anciennes, éveil artistique à partir de 4 ans… On le verra pendant les portes ouvertes, toute la journée du 11 mai.  On y enseigne également, depuis quelques années, les musiques actuelles, comme le précise Stéphane Bigot, responsable de l’action culturelle et artistique : « Elles ont pleinement leurs places dans les conservatoires aujourd’hui. Et la proximité géographique avec les autres structures permet une libre circulation des publics, des élèves, des projets. Nos examens de fin de parcours sont donnés en condition de concert à la Rodia, le Bastion accueille nos élèves qui travaillent sur les musiques électroniques. Ils passent d’un établissement à l’autre, pour des points très techniques (réglage d’ampli, lutherie, structuration…) mais très professionnalisant. Chacune des trois entités apporte ses compétences complémentaires. À nous d’organiser, d’amplifier, de structurer ce mouvement, car les élèves le font déjà spontanément. »

Piloté par Frédéric Coppola et six enseignants, le département Musique actuelle prend le temps de former des élèves qui, systématiquement, sont pris ensuite dans des écoles supérieures. « Nous portons ceux qui veulent en faire leur métier un jour vers le haut de la pyramide, en les accompagnant techniquement et artistiquement. C’est là que la passerelle devient intéressante avec le Bastion, qui est déjà dans l’accompagnement artistique, juridique des groupes constitués. Nous enseignons des métiers en termes d’organisation administrative, de relations avec la Sacem, comment et où chercher l’argent pour défendre leur projet… Enfin, il y a la Rodia, en tant que diffuseur, qui arrive au bout de ce cercle, qui a pleinement son rôle à jouer dans cette fabrication de la grande famille des Musiques actuelles. »

INAUGURATIONS ET PORTES OUVERTES

Après plus d’un an de travaux, le Bastion inaugure de nouveaux espaces les 24 et 25 mai lors d’un week-end d’ouverture entièrement gratuit et 100 % régional. Deux jours marqués par des concerts (Rouge Sagan, Moon, Gliz, Bigger…), des dj sets (Eye of the Dead, Thé Chaud, Mighty Worm, Zérolex, Feetwan…), des visites sonores des lieux, des déambulations, des expos, des ateliers ou encore des stands associatifs. Il y aura aussi l’incontournable Studiomaton pour immortaliser l’instant et un foodtruck. « C’est un week-end de fête, précise Yann Morel, président de l’association. Mais aussi un moment pour montrer nos équipements, notre savoir-faire. Avec la rénovation et l’aménagement du rez-de-chaussée, nous avons doublé notre surface d’exploitation et disposons d’outils que d’autres n’ont pas, comme un studio d’enregistrement et une scène de restitution pouvant accueillir 130 personnes. »

Situé en amont de la Rodia (pour l’accompagnement), travaillant avec le Conservatoire (pour la pratique artistique), le Bastion encourage les échanges et le brassage entre les structures. « Nous sommes, à notre échelle, dans la détection des musiciens, à qui nous offrons les premiers moyens. Et grâce à nos outils, ils apprennent des deux côtés de la vitre ». En plus des onze locaux à l’étage viennent désormais s’ajouter deux studios de répétition, une salle de formation, une autre réservée aux résidences, concerts, conférences et autres workshops. « Les enjeux sont de mieux et plus former, de s’affirmer comme une structure de référence pour l’accueil, l’accompagnement et le rayonnement des musiciens bisontins, mais aussi de la région. De plus, ce projet nous permet de ramener les activités que l’on produisait ailleurs à l’intérieur de notre structure. » À noter que le Bastion ouvrira également ses portes au grand public à l’occasion des portes ouvertes du Conservatoire et du week-end de réouverture de la Rodia, le 11 mai.

Programmes complets disponibles sur sortir.besancon.fr et sur lebastion.org, larodia.com, conservatoire.grandbesancon.fr