Un an et demi après le début des travaux, il est temps de faire le point sur cette folle entreprise : détruire, puis redonner vie à l’usine Rhodiacéta, incontournable du paysage bisontin.

La destruction

La majeure partie de la Rhodiacéta a été rasée, ce qui ne fait pas moins de 32.000 m3 de béton grignoté et évacué du chantier pas à pas. Les travaux de démolition et de désamiantage ont pris fin en décembre 2018. Grâce à un appareil photo placé à la pointe de la Tour du Roi de la Citadelle, des prises de vues ont été faites chaque jour et un timelapse a été mis au point réaliser l’ampleur du projet. Toujours actif, les photos du chantier (mises à jour toutes les 30 minutes) sont disponibles ici : http://www.besancon.fr/index.php?p=1043&art_id=3578

L’usine et la culture

Depuis 30 ans, la Rhodia est un lieu culte pour artistes et grapheurs. Lorsque sa démolition a été annoncée, de nombreux projets artistiques ont vu le jour.

Marion Chombart de Lauwe et Transbordement : « dernières heures des bâtiments » est un projet participatif permettant d’immortaliser l’usine à travers le dessin. L’artiste utilise plusieurs supports, notamment des morceaux de l’usine récupérés directement sur le chantier. Il s’agit là de préserver la « mémoire et la métamorphose des bâtiments ». Certaines gravures seront exposées au musée du Temps, à la Maison de l’architecture, et dans les futurs espaces communs du site des Prés de Vaux, afin de toujours garder en mémoire que l’usine se trouvait là.

Nicolas Waltefaugle, photographe, et Nicolas Mensch, docteur en sociologie : à deux, ils dressent un inventaire des graffs de la Rhodia. Ils se lancent dans un inventaire de toutes les œuvres qui tapissent murs et plafonds, et les immortalisent. Un rapport de 400 pages nourri de 600 clichés a vu le jour. Pour l’instant confidentielles, il est envisagé que ces photos soient rendues publiques, peut être via une exposition, en impliquant les graffeurs dans le processus, pour leur rendre un dernier hommage :
https://rhodiaceta.tumblr.com/

Et maintenant ?

Maintenant que les travaux sont achevés, un nouveau projet va pouvoir sortir de terre. Un parc urbain de cinq hectares est prévu, organisé autour de plusieurs thématiques : l’environnement, la culture, les loisirs, et l’habitat ;

  • Des espaces de loisirs urbains permettant d’accueillir des évènements culturels, sportifs, ou populaires
  • Des équipements collectifs en rapport avec le parc : services, lieux de repos et de consommation, espaces pédagogiques en relation avec les techniques de gestion des pollutions 
  • La construction d’un quartier résidentiel est prévue, avec 150 habitations à la clé

Certains bâtiments emblématiques de l’usine restent debout, et seront réhabilités. Le maire, Jean-Louis Fousseret, précise : « Nous conserverons les bâtiments historiques du comte Hilaire de Chardonnet, la cathédrale, le château d’eau et le transbordeur ou quai de déchargement des péniches »