C’est par « simple » curiosité pour le monde de la recherche » qu’en 2007 Aude Bolopion se lance dans une thèse en robotique à Sorbonne Université. La rencontre avec son directeur de thèse, Stéphane Régnier, fait déclic, « une révélation » pour elle : ce sera son métier.
En 2019, la médaille de bronze du CNRS lui est décernée pour ses travaux
sur une nouvelle génération de robots micrométriques.

©Eric Chatelain

Diplômée de l’école d’ingénieurs de Nancy, l’ENSEM, titulaire d’un Doctorat, vous êtes recrutée au CNRS en 2011, affectée au laboratoire FEMTO-ST de Besançon en tant que Chargée de recherche. L’objet de vos recherches ?

Je développe des microrobots actionnés à distance. Le but est de déplacer sans contact direct des objets d’une taille inférieure à 1 mm. Pour cela, plusieurs approches sont possibles, comme l’utilisation de champs magnétiques (aimant, bobine…). La légèreté des objets nécessite des forces de faible amplitude, de l’ordre du picoNewton*. On peut aussi utiliser des lasers ou des champs électriques. Mon travail consiste donc à modéliser, concevoir et contrôler ce type nouveau de microrobots.
*1 Newton divisé par un million = 1 microNewton ; 1 microNewton divisé par un million = 1 picoNewton (1 pN = 10 – 12 N)

Pour quelles applications ?

Deux applications principales sont visées : l’assemblage de petits composants, pour l’électronique par exemple, et le tri de cellules vivantes, de lymphocytes en l’occurrence, dans le cadre du développement de nouveaux traitements. Le principe est d’utiliser le système immunitaire du patient, non plus des molécules chimiques. Nous développons des laboratoires sur puces, dispositifs de quelques cm² composés de canaux fluidiques dans lesquels circulent les cellules. Celles-ci sont ensuite triées par diélectrophorèse (champs électriques non uniformes).

La médaille de bronze du CNRS, une belle récompense !

Une distinction, oui, mais surtout un encouragement à poursuivre des recherches déjà fécondes et très prometteuses. En fait, elle revient à toute une équipe de doctorants et d’ingénieurs, ainsi qu’aux laboratoires nationaux ou internationaux partenaires. Nos résultats sont très porteurs d’avenir, mais il reste de nombreux défis à relever pour que des dispositifs fonctionnels soient validés sur des cellules biologiques et proposés au grand public. La détection des cellules au sein des puces, ou encore le contrôle simultané, mais indépendant de ces objets, font partie des grandes problématiques sur lesquelles nous devons encore progresser.