La 4e édition de cet événement économique d’envergure qui se déroulera
les 18 et 19 février, organisé par Grand Besançon Métropole en partenariat avec les Échos et la CCI du Doubs. Conférences, tables rondes et ateliers suivront cette année ce fil rouge :
« Économie mondiale, économie locale, mariage de raison ? ».

Vaste sujet qui pose le socle d’une mutation remarquée par tous, entreprises, particuliers, acteurs publics comme privés : l’économie change sans cesse. Pourquoi ces évolutions radicales s’opèrent-elles maintenant ? Quels seront les outils de demain ? Quelles sont les principales tendances qui vont conduire à ces mutations et comment s’y préparer ? Autant de questions auxquelles invités de renom et experts apporteront des pistes de réflexion. Des questions qui sous-tendent la nécessité de se mobiliser pour gérer les biens communs, tant au niveau de la nature que des institutions et des entreprises. Et ce à l’heure où la consommation locale et l’économie de proximité sont de tous les débats, alors même que la mondialisation de la production est devenue une réalité.
L’édition 2020 s’inscrit dans la continuité des thèmes précédents comme l’industrie 4.0, l’intelligence artificielle ou le travail de demain.

L’éclairage du sociologue et économiste
Pierre Veltz

Comment la mondialisation a-t-elle affecté nos territoires ?


Il est presque impossible de départager ce qui dans les évolutions récentes de nos territoires, relève de la mondialisation, telle qu’elle s’est développée depuis les années 1990 (fragmentation des systèmes productifs, financiarisation accélérée), et ce qui relève de facteurs nationaux ou locaux. Le chômage, par exemple, n’est que faiblement lié à l’ouverture internationale (la preuve en est que des pays européens bien plus ouverts sont au plein emploi). Les héritages et les choix nationaux restent prédominants dans de nombreux domaines. Par exemple, les difficultés de recrutement auxquelles les entreprises se heurtent aujourd’hui, et qui entravent la reprise industrielle, y compris dans des zones de fort sous-emploi, sont imputables à des héritages qui s’enracinent loin dans notre histoire, comme le mépris du travail ouvrier, le manque de considération pour les formations techniques.

N’y a-t-il pas, tout de même, un lien entre cette mondialisation et les tensions qui traversent notre pays ?

D’un côté, le passage de circuits de production essentiellement nationaux à des circuits globalisés a créé un contexte d’incertitude générale, angoissant pour les salariés. Dans les années 1960 à 1980, nous avons connu de grandes crises sectorielles (charbon, acier, textile) qui touchaient des régions entières, mais permettaient d’organiser des formes de résilience, avec l’appui de l’État. Aujourd’hui à l’heure de la sous-traitance globalisée et de la prédominance financière, la foudre peut tomber n’importe où, y compris sur des sites en bonne santé. D’un autre côté, on constate un effet paradoxal, c’est que le local est aussi une grande force dans le contexte mondialisé, dès lors qu’il se traduit par un niveau élevé de coopération et de confiance entre les acteurs locaux. À cet égard, il n’y a aucune fatalité pour les territoires.

Et quels sont, selon vous, les facteurs clés d’échec ou de réussite des territoires ?

Les études montrent que la surprenante diversité des trajectoires territoriales s’explique essentiellement par des facteurs locaux, comme le « capital social » des territoires, l’existence d’un leadership affirmé, d’une bonne coopération entre élus et entreprises. Quant à l’idée courante d’une opposition entre les métropoles qui bénéficieraient globalement de la mondialisation et les autres territoires qui en seraient les victimes, elle est beaucoup trop schématique.

Temps forts 2020


• Mardi 18 février 18h : conférence d’ouverture, « Économie mondiale, économie locale, mariage de raison ? ». Éclairage économique et géopolitique alors que la production de biens et de services est ouverte au marché et à la concurrence internationale, avec des effets sur les territoires locaux.
• Mercredi 19 février, à partir de 9h : cinq ateliers d’une heure:

ATELIER 1
9 H – 10 H
Données numériques, quelle stratégie ?
Intervenant : Amaël Catturuzza
Docteur en géographie, maître de conférences aux écoles de Saint-Cyr Coëtquidan

ATELIER 2
10 H 15 – 11 H 15
Quelle ville pour demain ?
Intervenant : Carlo Ratti
Architecte-ingénieur au Massachusetts Institute of Technology

ATELIER 3
11 H 30 – 12 H 30
Les nouveaux usages de la blockchain
Intervenant : Alexandre Stachtenko Co-fondateur & Directeur Général BlockchainPartner Président de la ChainTech

ATELIER 4
14 H 30 – 15 H 30
Comment financer la transition énergétique,une opportunité à saisir, un défi ambitieux et majeur ?
Intervenant : Nicolas Berghmans Chercheur en politiques climatiques et énergétiquesà l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales

ATELIER 5
16 H – 17 H 30
L’évolution des nouveaux paysages industriels français
Intervenant : Pierre Veltz Président du Conseil Scientifique de l’Institut des Hautes Études d’Aménagement des Territoires Membre de l’Académie des technologies

L’événement se clôturera à 17h par un open business orienté sur le « Made in France », offrant un éclairage sur la production/consommation locale face à la consommation globalisée, avec partages, débats entre spécialistes et témoins puis échanges avec le public.

Plus d’info sur la programmation : investingrandbesancon.fr