L’exil

Jean-Charles Sexe, photographe municipal, nous offre sa vision du camp de réfugiés d’Aqabat-Jaber, ce coin de Palestine lié à Besançon depuis 2004.


Parti pour illustrer la partie actuelle de la Maison de la mémoire qui racontera l’histoire du camp depuis sa création en 1948, j’ai vécu Aqabat-Jaber en y étant immergé pendant cinq jours fin janvier. Sur cette terre peuplée de sable et de contraintes, je n’ai cessé de croiser des sourires tout en contraste avec la dureté apparente de la vie.

La Palestine est un pays jeune, 45% de sa population est âgée de moins de 18 ans. Les rues du camp, terrain de jeu de dizaines d’enfants, offre un des visages de ce pays qui se cherche un avenir.


Mais l’histoire reste importante. Notamment la Nakba, ce moment où les Palestiniens ont dû quitter leur terre. Pensant revenir rapidement, ils sont partis avec les clefs de leurs maisons. Les clefs du retour, devenues le symbole principal de l’imaginaire palestinien. Les faire tenir à un ancien soldat de l’OLP, fier de montrer ce trousseau datant de 1948, m’a permis de créer le complément des portraits de deux témoins de la Nakba. Ils portent sur eux leurs vies d’exil et ils savent, espérant l’inverse, qu’ils ne reverront jamais leur terre natale. Mais l’espoir peut se lire au féminin grâce aux femmes palestiniennes, actives et battantes. Elles sont éducatrices, entrepreneuses, guides. Elles créent du lien et de l’entraide. Avec leurs pères, leurs maris ou leurs fils, elles sont la Palestine.



Ce pays est envoûtant et celui, comme moi, qui part avec beaucoup de questions, en reviendra avec encore plus de questionnement. J-C.S

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Pour en savoir plus

L’Est Républicain : Besançon participe à la construction de la mémoire palestinienne