L’EFS : Développer, dès aujourd’hui, la médecine de demain

On connaît surtout l’Etablissement Français du Sang (EFS) pour le don du sang. On sait moins que l’organisme mène des recherches médicales révolutionnaires pour trouver des traitements contre certains formes de cancers. L’EFS de Bourgogne-Franche-Comté est ainsi associé à de nombreux projets innovants. Le point avec Christophe Bésiers, son nouveau directeur et Philippe Saas, directeur de l’équipe de recherche.


Quelles sont les pistes de thérapies explorées par vos équipes ?

Christophe Bésiers : En partenariats avec l’INSERM et l’Université, nous sommes notamment impliqués dans le développement de nou­veaux médicaments, comme les CAR-T Cells. En deux mots, il s’agit de prélever des cellules immunitaires chez le patient pour y ajouter des anticorps, en vue d’éradiquer des tumeurs cancéreuses. Ces médicaments sont testés actuelle­ment chez des patients. Concernant ces CAR-T Cells, nous avons déposé des brevets et fait paraître des publications de niveau international. Nous en avons déve­loppé deux types. Les unes traitent des leucémies rares, pour lesquelles Besan­çon est le centre de référence pour tous les pays francophones. Les secondes visent à reconnaître et détruire d’autres cellules leucémiques.


L’EFS fournit ausside la « matière première » pour la recherche…

Philippe Saas : Oui, il s’agit des globules blancs isolés des produits sanguins. Ils sont notamment utilisés pour générer des médicaments traitant les cancers ou des maladies inflammatoires, comme la maladie de Crohn. L’EFS participe aussi au réseau ECellFrance, plateforme de production de cellules souches, desti­nées à la régénération de tissus lésés par AVC, accident cardiaque, brûlure, etc.

« Mobiliser les microtechniques pour réduire les coûts de production »

Vous parlez beaucoup de projets menés en partenariat…

CB : En effet, c’est la meilleure façon d’accélérer l’innovation médicale, comme l’illustre l’institut Carnot OPALE qui met en place une coopération natio­nale d’ampleur (voir ci-contre). Il y a aussi des alliances régionales, comme le pro­jet FEDER MiMédi « Microtechniques pour les Médicaments Innovants » qui associe acteurs académiques et indus­triels. Il s’agit notamment de mobiliser les microtechniques pour réduire les coûts de production des médicaments biologiques. Dans cet esprit, L’EFS a été labélisé intégrateur industriel du « Grand défi Biomédicaments », en août dernier. Nous assurons ainsi l’interface entre les laboratoires de recherche et les entreprises pour construire, dès aujourd’hui, la médecine de demain…


LEUCÉMIE : des Bisontins à la pointe de la recherche

Transformer le pronostic des leucémies, d’ici 10 ans ? C’est le but d’OPALE, un nouvel institut national de recherche partenariale, auquel participent les équipes bisontines de l’unité de recherche RIGHT.
En juin dernier, OPALE –sans équivalent international dans le domaine des leucémies – a obtenu le label Carnot qui salue l’ex­cellence de ses recherches. Au sein de ce consortium, qui totalise 523 équivalents temps plein de recherche, l’institut RIGHT apportera notamment son expertise en matière de biomédicaments et d’immunothérapies contre les cancers et les maladies inflammatoires. Forte de 150 personnes, cette unité de recherche associe l’INSERM, l’Etablissement Français du Sang et l’Université de Bourgogne-Franche-Comté.
Pour Hervé Dombret, Professeur d’hématologie et président d’OPALE, « l’objectif ultime est de définir de nouveaux traitements curatifs, moins toxiques et financiè­rement viables pour l’ensemble des patients atteints de leucémies, dans les 10 ans à venir. »