Drogue : lutte sans faille contre les trafics …

Le confinement a eu peu d’effet sur les trafics de drogue, même si une légère diminution des affaires de stupéfiants a été constatée. État des lieux sur la situation avec Bénilde Moreau, Directeur départemental adjoint de la sécurité publique du Doubs.

Besançon est-elle une ville particulièrement touchée par les problèmes de drogue ?

L’activité en matière de stupéfiants est supérieure aux circonscriptions similaires, mais une forte activité ne veut pas dire que Besançon est plus touchée que d’autres villes. Elle veut simplement dire que les effectifs du commissariat sont très actifs. Toutefois, les affaires réalisées montrent une certaine attractivité du fait des prix pratiqués. Il n’y a pas de nouvelles drogues, mais on trouve tous les produits, herbe, résine, cocaïne, plus rarement de l’ecstasy, tous dangereux, avec une mention spéciale pour l’héroïne du fait d’une rapide accoutumance.


Comment luttez-vous contre ce fléau ?

Tout d’abord en saturant les points de deal par des contrôles et des verbalisations via les amendes forfaitaires délictuelles, pour dissuader les consommateurs de s’approvisionner mais aussi pour interpeller les dealers et les guetteurs. Ensuite par un travail de fond pour s’attaquer au trafiquant. Ceci nécessite du temps pour remonter aux donneurs d’ordre, les interpeller et toucher à leurs biens en saisissant leur patrimoine.

Que faire quand nous sommes témoins de deal ?

Il faut composer le 17, mais les transactions vont tellement vite qu’il est difficile d’interpeller les dealers en flagrant délit, qui n’ont souvent rien sur eux. Il est possible de fournir des renseignements (descriptif du dealer, moyens de locomotion, mode opératoire, lieu exact…) via la boîte mail police-besancon@interieur.gouv.fr

À quoi s’exposent les consommateurs ?

Sur le plan pénal, le consommateur qui a du produit illicite en faible quantité sur lui (quantité déterminée par la politique du parquet) est verbalisé et reçoit une amende forfaire délictuelle de 200 euros. Pour une quantité plus importante et s’il est déjà connu des services de police, il peut être placé en garde à vue. La peine est la suivante : 1 an de prison et 3 750 euros d’amende.

… et réponse judiciaire déterminée

Invité en janvier au Conseil municipal, le procureur de la République Étienne Manteaux a rappelé la lutte déterminée du Parquet contre les trafics de stupéfiants. « Les coups de boutoir successifs accomplis après les violences de décembre 2019 par les gendarmes et les policiers sur le quartier de Planoise, ensuite poursuivis par des réponses judiciaires, ont déstabilisé les trafics. Il a fallu du temps pour comprendre ce qui s’était passé et mettre en œuvre des vagues d’interpellations et démanteler des réseaux, car il faut être lucide, les trafics sont très fortement implantés dans ce quartier. C’est une zone de chalandise malheureusement importante qui explique le nombre de trafiquants, même si les points de deal ont été divisés par 2 depuis la création en 2018 du Quartier de reconquête républicaine. Je me réjouis également de la signature d’une nécessaire convention de l’injonction thérapeutique, car c’est un combat perdu d’avance si on n’accompagne pas les consommateurs à sortir de l’addiction. Grâce aux actions efficaces de la PJ, la détention provisoire, les contrôles judiciaires interdisant aux trafiquants d’être à Besançon, il y a des résultats. Les procédures pour recueillir les témoignages sous X, garantissant un réel anonymat, font remonter de nombreuses informations du terrain, qui permettent de comprendre les nouveaux enjeux, de réagir plus vite et de couper court aux séries de violences extrêmes. »