Mikael Bourgeois : l’horloger qui prend le temps

Après des études en microtechniques, Mikael Bourgeois, originaire de Morteau, crée aux côtés de son papa le bureau d’études Novodess, consacré à la mécanique régionale. Très rapidement, Novodess débute un travail avec l’horlogerie Suisse et prend une nouvelle tournure quelques années plus tard en se concentrant sur le domaine horloger. A l’occasion des 24H du temps, rencontrez l’horloger qui depuis 23 ans prend le temps pour ses clients…

Pouvez-vous nous parler de votre marque MB Watches ?

Aujourd’hui, la marque MB Watches est ma deuxième activité. J’avais envie de m’exprimer et souhaitais combler une niche peu exploitée chez les horlogers : la montre sur-mesure. Purement par essai j’ai lancé une première édition limitée, la THUNDERBIRD, que l’on retrouve aujourd’hui encore sur notre site et sur de nombreux blogs. Cette montre a beaucoup plu alors j’ai décidé de lancer une édition limitée de 50 exemplaires qui ont très rapidement été vendus.

Comment s’est développée la marque après le succès de cette édition limitée ?

Après deux années de réflexion, j’ai choisi de relancer la marque avec deux nouveaux modèles : la Phénix et l’Alicanto. Un autre modèle sera présenté aux 24h du Temps, la THUNDERBIRD III, qui suscite toujours beaucoup d’intérêt mais qui était limitée à 50 exemplaires. On ne relance pas une collection épuisée ! On a donc retravaillé le modèle THUNDERBIRD pour l’améliorer, le modifier techniquement même si l’on garde l’ADN de cette collection. Un deuxième modèle sera lui aussi bientôt proposé, la Raven, une complication horlogère qui est développée en interne, et qui sera fabriquée en

Pourquoi produire vos montres en édition limitée ?

C’est le plaisir de fabriquer artisanalement peu d’exemplaires. C’est ce qui dénote des autres marques de l’horlogerie française. Pour ma part, tout est fait en France et ce qui ne l’est pas vient de Suisse. L’édition limitée rend en quelque sorte nos montres plus rares. Les pièces sont montées une à une, on est loin de la série et de l’industrie.

Comment gérez-vous la relation client ?

On a un lien très direct avec nos clients puisque l’on produit en série limitée. On a l’occasion de beaucoup communiquer avec eux et d’en être très proches. C’est une autre façon de faire au niveau de l’horlogerie. On est dans le domaine du luxe, du service et de l’humain sans être complètement arriéré au niveau de la technologie. La marque n’est pas distribuée dans les boutiques : les gens se font un plaisir de venir jusqu’à l’atelier à Morteau pour voir comment les montres y sont fabriquées, venir chercher leur pièce et prendre le temps de discuter. Certains en profitent pour passer par le musée de l’horlogerie. On met en œuvre ce genre de service très humain.

On a beaucoup plus à offrir qu’une simple montre qui donne l’heure, on propose tous les services qui vont autour.

Vous souvenez-vous de l’événement déclencheur de votre passion horlogère ?

Je n’étais pas destiné à travailler pour l’horlogerie, même si c’est quelque chose que je connaissais depuis longtemps, mes grands-parents travaillant dans ce domaine. C’est un univers qui ne m’était pas si éloigné que ça. Mais ce qui a réellement déclenché cette passion, ce sont des rencontres avec des grands noms de l’horlogerie. En débutant, j’ai croisé des personnes qui m’ont laissé ma chance et qui ont vu que j’avais des capacités techniques. Ce sont ces moments qui m’ont tout de suite passionné.

Trois mots pour qualifier votre travail ?

Passion, savoir-faire et originalité.

J’ai toujours été habitué à travailler pour des personnes qui prenaient le temps de faire les choses bien.

Je voulais continuer à travailler de cette manière-là. Je ne me contente pas de produire un design et de l’envoyer chez un fournisseur asiatique, ça ne m’intéresse pas. On a tous les savoir-faire dans la région : les fabricants d’aiguilles, de boites, de bracelets, de vis d’engrenage, etc. Il manque très peu de métiers pour pouvoir fabriquer une montre entièrement en France. Je voulais garder le côté humain, bien fait, rare et original.

Quelle est l’importance du « made in France » dans l’horlogerie ?

Aujourd’hui, c’est une grande tendance utilisée à tort et à travers. Il y a un flou autour de cette notion : qu’est-ce qui est réellement « made in France » ? On a la chance d’avoir un territoire riche de savoir-faire. Aujourd’hui, l’UNESCO a mis le patrimoine horloger en valeur sans réellement définir de frontière, c’est l’arc jurassien franco-suisse. Ce qui est important, c’est de faire les choses correctement et c’est dans le berceau de l’horlogerie que ça se passe. On a la possibilité de faire des montres à l’étranger et le client qui fait face à la vitrine ne saura pas faire la différence entre une montre fabriquée en Chine et une montre fabriquée ici si on ne le lui dit pas. C’est important de communiquer à ce sujet.


Infos pratiques

Toutes les informations sur les 24H du temps sont à retrouver sur le site internet


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Photos : MB Watches