Enseignement supérieur : les patients au centre de nouvelles formations

Aline Chassagne, enseignante et responsable de l’Unité d’Enseignement recherche du master IPA

Aline Chassagne, enseignante et responsable de l’Unité d’Enseignement recherche du master IPA

En matière de santé, l’Université de Franche-Comté ne cesse de se réinventer pour répondre aux évolutions de la société. Le point sur deux cursus novateurs…


IPA : un lien renforcé entre ville et hôpital

Ajouter un maillon dans la chaîne de soin entre le médecin, à l’hôpital, et l’infirmier, en ville, c’est le but du Diplôme d’état « Infirmier en Pratique avancée » (DEIPA). « Ouverte en 2018, cette formation de deux ans apporte des connaissances approfondies à des infirmiers déjà diplômés, expose Fabrice Vuillier, neurologue au CHU et responsable du DEIPA. Ils pourront ainsi réaliser des actes de soin plus poussés. » Le diplôme a en effet été imaginé pour quatre types de maladies spécifiques : «  Ce master propose quatre mentions : maladies chroniques, oncologie et hématologie, néphrologie, santé mentale et psychiatrie, accompagnées d’enseignements en sciences infirmières, en anglais et en recherche, présente Aline Chassagne, enseignante et responsable de l’Unité d’Enseignement recherche du master IPA . Cette formation participe pleinement au développement des sciences infirmières, discipline récemment reconnue au niveau du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, et intégrée dans une filière universitaire ».

Ces nouvelles pratiques de formation et d’accès à des diplômes universitaires permettront plus largement d’enseigner un socle commun à différentes professions de santé et de construire des passerelles entre différents métiers de la santé. C’est comme cela que le perçoivent David Giboulot et Julien Bernard issus de la promotion 2020 et qui viennent d’ouvrir leur cabinet sur les Hauts du Chazal : « Nous sommes spécialisés dans le suivi de 8 maladies chroniques, explique David Giboulot. Notre fonction est d’éviter « l’errance médicale » du patient, entre deux rendez-vous avec son médecin. En liaison avec ce dernier, nous pouvons notamment adapter les traitements ou donner l’alerte, en cas d’évolution de la situation. Le but est d’être toujours plus réactif, afin d’éviter l’hospitalisation du patient ».


Un Diplôme Universitaire pour veiller au « bien vieillir » à domicile

La crise sanitaire du Covid a révélé la fragilité de certaines personnes âgées à domicile. Identifier ces fragilités est justement au cœur du Diplôme Universitaire Evaluateur Social de l’Autonomie des Personnes Agées à Domicile. « Créé en 2018, ce DU est le fruit d’une collaboration entre l’Université, le Pôle de gérontologie et d’innovation de Bourgogne-Franche-Comté, la Caisse d’Assurance Retraite et de Santé Au Travail BFC et la CNAV, précise Isabelle Moesch, sociologue et responsable de la formation. A travers une approche transdisciplinaire, il vise à apporter aux stagiaires des connaissances médicales, psychologiques et sociologiques de l’avancée en âge. L’enjeu est d’anticiper le risque de basculement d’une personne âgée dans la dépendance et de proposer un accompagnement adapté pour lui permettre de rester vivre chez elle, dans les meilleures conditions. »