Le Pr Éric Delabrousse, à l’honneur contre la Covid-19

Le Professeur Éric Delabrousse, chef du Pôle imagerie au CHRU de Besançon, a permis une avancée majeure dans la lutte contre le Covid-19, au printemps 2020. Il a été promu chevalier de la Légion d’honneur ce 1er janvier.

En pleine 1re vague de Covid-19, vous faites une découverte capitale. Laquelle ?

Début 2020, lorsque les patients déclenchaient une forme grave de Covid-19, on pensait qu’ils décédaient d’insuffisance respiratoire par atteinte pulmonaire. Les recommandations préconisaient alors la réalisation d’un scanner thoracique sans injection de produit de contraste, ce qui ne permet pas l’analyse vasculaire des poumons. Ce qui est étonnant, avec le recul, c’est que personne n’a songé à injecter de produit de contraste, alors même que c’est la règle dans la presque totalité des autres pathologies pulmonaires aiguës. On ne comprenait alors pas pourquoi certains malades Covid-19 dont l’atteinte pulmonaire n’était pas majeure au scanner se dégradaient rapidement. C’est de là qu’a germé l’idée d’injecter nos scanners.


Comment avez-vous procédé pour appuyer votre hypothèse ?

Du 16 mars au 4 avril nous avons pratiqué des angioscanners pulmonaires chez 100 patients consécutifs atteints d’une forme sévère de Covid-19. Cela a mis en évidence qu’1/3 des malades présentaient des signes d’embolie  pulmonaire… que l’on sait traiter ! Il faut comprendre que mettre sous respirateur un patient grave dont le système artériel pulmonaire est bouché, ça ne marche pas. Il faut aussi le décoaguler. Avant même la sortie de notre publication scientifique, nous avons décidé de mettre tous les patients graves sous anticoagulants. Et ça a fonctionné, puisqu’on a vu baisser le taux de mortalité en réanimation.


Comment faites-vous connaître votre découverte ?

En publiant le 23 avril dans Radiology, le plus grand journal mondial dans notre spécialité. Notre étude montrait que le virus ne donne pas uniquement des problèmes pulmonaires mais qu’il fabrique aussi des caillots. C’était le premier article à le démontrer sur une série importante de patients Covid-19 sévères.

Est-ce encore d’actualité, même avec les variants du virus ?

Absolument. En France et dans le monde, la prise en charge des patients sévères repose aujourd’hui sur le trépied : oxygénothérapie intensive, corticoïdes et anticoagulants. Avant la mise en place de ce protocole, un patient sur trois décédait en réanimation. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un sur cinq ou six, souvent très âgé et porteur de comorbidités. C’est une grande fierté d’avoir pu participer à ce changement de paradigme.


Grace aux découvertes médicales majeures du Professeur Delabrousse et de ses équipes de nombreux patients atteints d’une forme grave de la Covid-19 ont pu être sauvé dans le monde entier.

Retrouvez le professeur Eric Delabrousse sur LinkedIn

Vous voulez en savoir plus sur les recherches menées au CHU de Besançon, lisez notre article COVID – 19 : Les recherches scientifiques vont bon train au CHU !