Un nouveau projet pour le musée de la Résistance et de la Déportation

Le musée de la Résistance et de la Déportation, qui fête cette année ses 50 ans, est l’un des plus riches de France.

C’est en 1964, à l’occasion d’une exposition commémorant le 20e anniversaire de la Libération, que Denise Lorach sollicite l’ancien résistant et maire Jean Minjoz, pour sa création. Il ouvre ses portes en 1971, à la Citadelle, avant d’être
inauguré trois ans plus tard par le secrétaire d’État aux anciens combattants, André Bord. En 82, une nouvelle exposition est conçue dans le bâtiment des cadets, plus vaste, qui présente plusieurs centaines d’objets, photos et documents originaux. On peut y découvrir un fonds d’archives important, fruit des dons d’anciens résistants, de déportés et de leurs familles, ou ceux de l’abbé de La Martinière et de Germaine Tillon, qui ont travaillé sur l’histoire de la déportation. Journaux, tracts et affiches reflètent un pays morcelé où la diffusion de l’information revêt une importance capitale pour la circulation des idées. Plus de 12 000 photographies illustrent les thématiques du musée : le nazisme, l’occupation, la résistance, la libération et documentent l’histoire de la Seconde guerre mondiale en Franche Comté. De nombreux objets, du brassard de FFI aux objets du quotidien, incarnent les difficultés d’un pays en guerre. Et avec ses 600 dessins, le musée conserve l’une des plus importantes collections d’art concentrationnaire d’Europe. En 2019, afin de sensibiliser aux enjeux de conservation et de transmission du patrimoine de la Seconde Guerre mondiale, la Collecte 39-45 est lancée pour recueillir les dons des particuliers. Plus de 150 propositions ont depuis été faites au musée.

Un musée plus accessible

En 2020, des travaux de rénovation sont entrepris (nouvel accueil, ascenseur PMR, nouveaux espaces pour les collections…), et l’équipe de Maîtrise d’œuvre associant l’architecte, Antoine Bordenave, et le scénographe, Alexis Patras, est recrutée. Les travaux du nouveau projet, tant sur le plan du bâtiment que de la scénographie ont été lancés cette année, pour une réouverture prévue en 2023. L’établissement poursuivra ses missions essentielles de conservation et de transmission de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, en restant fidèle à ses deux devises, « Ne pas témoigner serait trahir » et « Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre ».

À retenir


• 2 millions de visiteurs depuis son ouverture
il y a 50 ans ;
• 120 000 pièces de collections ;
• une bibliothèque de 14 000 ouvrages ;
• 600 oeuvres d’art créées dans les prisons
et les camps de concentration.