Manon Bohard, la course en tête

Manon Bohard vient d’intégrer l’équipe de France de trail, peu après sa victoire à l’ultra-trail du Mont-Blanc en août dernier. Cette adepte de la course à pied longue distance, diététicienne nutritionniste de métier et coordinatrice au RéPPOP-BFC*, se prépare actuellement au championnat du monde de la discipline.

Pourquoi le trail ?

C’est en arrivant à Besançon il y a 5 ans que je me suis vraiment mise à la pratique du trail. Mon papa, pionnier dans la discipline, m’y a initiée très tôt. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours fait du sport et de la compétition (ski de fond, judo, cross). M’intégrer à des sorties running, avec les Foulées Besançon notamment, allait de soi.

Quelles qualités demande cette discipline ?

De se connaître soi-même, de bien connaître son rapport à l’effort, mentalement et physiquement. Il faut de l’intérêt pour l’environnement, c’est essentiel à mes yeux. Le trail exige bien sûr une vraie hygiène de vie, ce qui n’exclut en rien la dimension hédonique en termes de dépassement physique et de découverte de la nature. Ce que le trail a de bien, c’est qu’il s’adapte à tous types de profils, de niveaux et de goûts. Au choix, kilomètre vertical pour les grimpeurs, course courte et roulante pour les rapides, course plus longue avec dénivelé pour les montagnards, ou ultra-distance (entre 80 et 200 km) pour qui aime l’endurance (c’est mon cas).

Comment vous entraînez-vous ?

Si je m’entraîne souvent seule, pour des exigences spécifiques et adaptées à mon mode de vie, je partage volontiers des séances avec mon père, des amis ou des athlètes de maconnaissance. Je cours par exemple avec des sportifs du Team national Aupa Gear duquel je fais partie ; avec Thibaut Baronian et Sange Sherpa, nous sommes ambassadeurs de l’association bisontine For’Trail. Je cours également avec des adhérents de l’ASPTT Besançon, mon club.

Parlez-nous de votre victoire dans l’ultra-trail du Mont Blanc.

J’ai couru sans penser à la concurrence, en restant sur mes allures, et prudente, surtout en descente. J’étais bien reposée, concentrée, sans stress particulier bizarrement. Je n’ai pas eu de gros imprévu comme cela arrive toujours à un moment sur ce type d’épreuve. Certes une chute m’a coûté un peu de temps, et un coup de froid en début de parcours m’a empêchée de m’alimenter la première journée, mais sans conséquence fâcheuse au final. Des sensations et des paysages traversés sublimes, 23 h durant, et une victoire inespérée !

Vous serez au championnat du monde de trail en février prochain en Thaïlande !

J’espérais d’autant moins être sélectionnée que l’épreuve n’était pas à mon programme initial. Je suis évidemment ravie de faire aujourd’hui partie de l’équipe de France ! Nous avons fait un premier stage de préparation dans le Cantal début octobre. Le profil et le format de course du championnat ne sont pas de mes spécialités. J’ai quelques mois pour me familiariser avec les distances 80 km et 4,8 km de dénivelé. Dans notre programme de préparation par exemple, une course, la Transvulcania, doit avoir lieu aux Canaries mais l’éruption du volcan la remet en cause pour l’instant. Je vais devoir réussir à concilier activité professionnelle, entraînement intensif et temps de récupération… Un défi à tous points de vue !

Besançon vous offre de beaux parcours de course, non ?

Les collines de Besançon que j’aime tant me servent de terrain naturel parfait pour l’entraînement. Quelle chance de vivre dans une ville verte, qui respire ! En moins de 5 mn à pied du centre-ville, on est en pleine verdure. Le matin, le soir, je pars de mon domicile ou du travail pour aller courir sur les chemins de la colline du Rosemont, à Montfaucon ou à Bregille. À chaque fois un plaisir. Et des résultats top niveau !

*Réseau de Prévention et de Prise en charge de l’enfant en surpoids ou obèse sur la région Bourgogne-Franche Comté